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17/02/2013 02:30 EST | Actualisé 18/04/2013 05:12 EDT

Chypre : le conservateur Anastasiades remporte la présidentielle

Nicos Anastasiades, candidat du principal parti de droite, a remporté dimanche l'élection présidentielle de Chypre dès le premier tour, selon des sondages réalisés à la sortie des urnes et annoncés par la télévision publique.

Il est crédité de 51,1 % des suffrages à l'issue du scrutin, perçu en Europe comme une étape essentielle dans le sauvetage financier de ce petit pays, qui, malgré sa taille modeste, menace de ruiner les efforts de la zone euro pour sortir de la crise des dettes souveraines.

Selon cette enquête, cet avocat de 66 ans disposerait d'entre 49,6 % et 52,6 % des voix et éviterait un second tour, prévu théoriquement dimanche prochain.

Il s'imposerait facilement face au candidat de gauche Stavros Malas, crédité de 27,3 %. Le candidat indépendant George Lillikas recueille 18% des voix, selon ce sondage.

Les bureaux de vote fermaient à 16 h GMT, et les résultats officiels du scrutin, auquel sont appelés à voter 545 000 Chypriotes, étaient attendus vers 18 h 30 GMT.

Le chef de l'opposition, qui s'est dit déterminé à obtenir un plan de sauvetage international même au prix d'une grande austérité, avait pour principal rival l'ancien ministre de la Santé Stavros Malas, 45 ans, un indépendant soutenu par le parti communiste Akel au pouvoir.

Le président communiste sortant Demetris Christofias ne se représente pas.

« La situation à laquelle nous sommes confrontés, c'est deux candidats faibles contre une personnalité potentiellement impopulaire. Anastasiades est un personnage clivant au sein de la classe politique chypriote, respecté mais pas forcément apprécié », jugeait avant le scrutin Hubert Faustmann, professeur associé à l'université de Nicosie. « L'économie a dominé les débats et j'ai rarement vu une campagne aussi terne. En quelque sorte, elle n'a pas mobilisé la population, qui pourrait être désabusée », ajoute-t-il.

Chypre est en discussions depuis juin 2012 avec le Fonds monétaire international, l'Union européenne et la Banque centrale européenne, et estime avoir besoin de 17 milliards d'euros (23 milliards de dollars), dont 10 milliards d'euros (13,5 milliards de dollars) pour renflouer ses banques, plombées par leur exposition à la dette grecque.

La somme est relativement faible à l'échelle de la zone euro mais elle équivaut à la richesse annuelle produite par le pays.

L'île méditerranéenne est divisée en deux parties depuis l'invasion de sa partie nord par la Turquie en 1974. Les populations grecque-chypriotes et turque-chypriotes sont depuis séparées par une « ligne verte » gardée par les Nations unies.

Seule la République de Chypre est reconnue par la communauté internationale alors que la République turque de Chypre du Nord (autoproclamée), qui s'étend sur environ un tiers de l'île, ne l'est que par Ankara.