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17/02/2013 05:36 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Bradley Wiggins: le Giro comme antidote pour retrouver la motivation

Les rouflaquettes ont disparu, une manière peut-être pour Bradley Wiggins de couper avec ces années à courir derrière un rêve, le Tour de France: après avoir gagné la Grande Boucle 2012, "Wiggo" a retrouvé la motivation, "le nouveau défi sera le Giro".

74e au général à l'issue du Tour d'Oman samedi. 142e et dernier de la 1re étape. "J'ai été plutôt médiocre, pour être honnête": un léger sourire aux lèvres, le champion olympique du contre-la-montre de Londres se livre, à quelques heures de quitter le Sultanat.

Mais l'important n'est pas là. L'important, ce sera le Giro, le Tour d'Italie, en mai.

Après la Grande Boucle et les JO, "il m'a fallu beaucoup de temps pour retrouver la motivation", raconte Wiggins à quelques journalistes, dans un salon de l'hôtel des coureurs. "Je me demandais, +mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire l'an prochain?+. Je savais que je voulais revenir à la compétition, je ne voulais pas partir à la retraite, mais je devais trouver quelque chose pour me motiver à sortir m'entraîner".

"Je voulais de nouveaux défis, et le Giro, pour moi, est quelque chose d'autre que j'ai envie d'essayer de gagner", poursuit Sir Bradley, un "label" gagné grâce à sa médaille d'or aux Jeux.

"Je ne pense pas que les gens réalisent ces quatre années pour en arriver là", au Tour de France et aux JO, insiste Bradley Wiggins. "2009, quand les gens disaient +c'est de l'argent gaspillé, il ne gagnera jamais le Tour, c'est juste une météorite+, 2010, cette année désastreuse, et les gens encore, +un désastre, mais pourquoi ont-ils misé sur lui+, et ensuite 2011, le retour au tableau noir, tout changer de fond en comble, et puis le Tour 2012, les JO, c'était..."

"Pas une minute je n'ai pensé que j'allais refaire ça, pas question", explique Wiggins encore déboussolé: "Je n'arrive toujours pas à croire que j'ai gagné le Tour de France. Je ne me mets pas au niveau des Indurain ou Hinault", quintuples vainqueurs.

"Fan de cyclisme", l'Anglais de Wigan rêve maintenant du Giro. "Avec le Tour, c'était une des rares courses qui passait à la télé, quand j'étais ado. Et le Giro m'est resté à l'esprit. Je ne sais pas si c'est seulement le maillot rose, ou Hampsten (NDLR: Andy Hampsten, le grimpeur américain, en 1988) faisant une ascension dans la neige, cette course m'a toujours inspiré".

"C'est une belle épreuve, la seule dans le cyclisme où ils ne parlent pas tout le temps de dopage, c'est rafraîchissant d'un certain côté", explique "Wiggo", qui a très mal vécu ces multiples conférences de presse mentionnant ce thème, lors du dernier Tour.

"Ici, c'est juste la course, et les spectateurs admirent les coureurs, même si parfois c'est un peu la foire d'empoigne" : le coureur de la Sky reconnaît avoir une relation "d'amour-haine" avec cette épreuve, qu'il a courue en 2010, portant même le maillot rose une journée. "Je pensais que je ne reviendrais jamais, il faisait si chaud".

Avant le Giro, Wiggins sait qu'il devra perdre du poids. "Je suis tout simplement trop lourd actuellement", avait-il reconnu au début du Tour d'Oman.

"Mais je serai prêt. Le poids est un problème pour moi, car je ne suis pas un grimpeur naturel. Je fais 82 kg hors saison, là je suis à 75, et je devrai être à 70... Ca prendra du temps, c'est beaucoup de travail".

Du travail sur un vélo. Son "métier", comme il le dit. Pour lequel il fuit volontiers les paillettes. "Je ne suis pas passé à la télé, je n'ai pas fait de talk shows, de jeux. En fait, la célébrité, ça se contrôle. Alors oui, je suis plus reconnu dans la rue aujourd'hui, mais je suis connu comme le gars qui fait du vélo, pas le gars qui est passé à la télé".

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