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16/02/2013 05:03 EST | Actualisé 17/04/2013 05:12 EDT

Troisième jour de détention pour Pistorius, sa victime héroïne d'une télé-réalité

L'athlète paralympique sud-africain Oscar Pistorius, accusé de meurtre, passait samedi son troisième jour en détention, préparant sa défense, tandis que les téléspectateurs devaient découvrir les images de sa victime dans une émission de télé-réalité tournée avant sa mort.

La saison 5 de "Tropika Island of Treasure" doit être diffusée à 18H30 (16H30 GMT) sur la première chaîne publique SABC1, qui a obtenu l'accord de la famille, soucieuse que "tout le monde puisse voir leur fille" et qu'elle soit "honorée comme la jeune femme heureuse, éclatante, belle et vibrante" qu'elle était.

Reeva Steenkamp, la top-modèle de 29 ans que Pistorius fréquentait depuis novembre et qu'il a abattue chez lui au pistolet 9mm le jour de la Saint-Valentin, est l'une des sept "célébrités" figurant au casting.

De son côté, le sportif "a bien dormi", selon une source policière. Joint au téléphone par l'AFP, un policier du commissariat du quartier de Brooklyn à Pretoria a indiqué que "tout allait bien" ce samedi matin.

Pistorius, indéboulonnable au hit-parade des Sud-Africains les plus aimés de ses compatriotes dans un pays à l'histoire douloureuse et ayant terriblement besoin de ses héros, était apparu brisé, en larmes, vendredi lors de sa première comparution devant la justice qui l'a formellement inculpé du meurtre de Reeva.

La police a établi que l'arme du crime appartenait à Pistorius, seul suspect dans cette affaire passible de la prison pouvant aller jusqu'à la perpétuité.

Le coureur est une source d'inspiration pour des millions de fans dans le monde en raison de son parcours exceptionnel qui l'a mené du handicap à la naissance aux plus hautes marches des podiums handisports et sur la ligne des valides aux JO 2012.

Autorisé à recevoir des visites dans sa cellule, il aura ce samedi celle de sa famille et de ses avocats, a précisé à l'AFP Peter van Zyl, son agent.

La veille, la famille et l'agent de Pistorius avaient diffusé un communiqué, disant: "Ce prétendu meurtre est contesté dans les termes les plus vifs".

La défense aura cependant fort à faire pour prouver "les circonstances exceptionnelles" qui justifieraient un régime de liberté surveillée pour Pistorius.

Face à lui, l'accusation sera incarné par un membre du parquet de très haut calibre, Gerrie Nel, connu pour avoir envoyé derrière les barreaux en 2011 l'ancien patron d'Interpol et ex-chef de la police nationale, Jackie Selebi, pour corruption.

L'audience reprendra mardi au tribunal d'instance de Pretoria. Le même jour, les obsèques de Reeva auront lieu à Port Elizabeth (sud) où vit sa famille et où elle sera incinérée, selon les médias sud-africains.

Cette audience, prévue pour durer jusqu'à mercredi, devrait révéler notamment la raison pour laquelle le parquet estime qu'il y a eu "meurtre avec préméditation", alors que la presse a rapporté que le coureur aurait tiré sur Reeva à travers la porte de la salle de bains.

La police scientifique poursuivait ses investigations dans la maison de Pistorius ce samedi, a indiqué la police à l'AFP.

De son côté, le coureur a beau jeu de rejeter en bloc l'accusation, alors que de nombreux fans sud-africains, partagés entre stupeur et désarroi, refusent de croire au meurtre.

Le procès devra cependant expliquer pourquoi Pistorius, impliqué dans plusieurs incidents témoignant de son tempérament caractériel, a pu conserver, en contradiction avec la législation, son port d'armes dont il était grand amateur.

"Pour le moment, je suis en état de choc", a déclaré à l'AFP Lunga Mubuza, 18 ans, à Pretoria, où réside l'athlète. "C'était un modèle pour moi, je voulais devenir comme lui un jour. Maintenant, c'est une grande déception", a-t-il dit.

"Toute action a une conséquence, alors s'il l'a tuée, il doit payer pour ce meurtre", soulignait une passante, Charntel Paile, interrogée vendredi par l'AFP.

"C'est un choc terrible pour tout le monde", a aussi dit Quentin Smith. "J'ai eu la chair de poule quand j'ai entendu la nouvelle à la radio".

Et Linda, 69 ans, d'ajouter: "Il faut comprendre, notre pays a besoin de héros. On en a besoin. On a déjà tellement mauvaise presse".

clr/aub