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16/02/2013 06:59 EST | Actualisé 18/04/2013 05:12 EDT

Tanzanie: une femme albinos amputée du bras, cinq arrestations

La police a annoncé samedi avoir arrêté cinq hommes soupçonnés d'avoir coupé le bras cette semaine d'une femme albinos dans le sud-ouest de la Tanzanie dans une attaque apparemment motivée par des pratiques de sorcellerie traditionnelles.

Maria Chambanenge, 39 ans, mère de quatre enfants, avait été attaquée au début de la semaine à son domicile à Miangalua, dans le district de Sumbawanga, province de Rukwa.

"Nous avons arrêté cinq hommes et le bras a été découvert (vendredi) dans un champ. Il était en début de décomposition", a indiqué à la télévision gouvernementale, TBC1, le commandant en second de la police au niveau de la province Peter Ngusa.

"Nous avons toutes les raisons de croire que ce sont eux les responsables", a précisé M. Ngusa, expliquant que ses services avaient pu intercepter une conversation téléphonique entre deux des suspects qui étaient en négociation sur la vente du bras.

La victime, qui avait été d'abord placée sous perfusion, est encore hospitalisée mais ses jours ne sont pas en danger, selon la police.

Le mois dernier, un enfant albinos d'Ulyankulu dans la province de Tabora avait été découpé à la machette par des assaillants qui avaient amputé et emporté son bras gauche, selon la police. L'enfant est décédé.

"Nous sommes au courant de ces incidents. C'est alarmant. Ca veut dire que nous renouons avec les attaques contre les albinos après des mois d'accalmie", a indiqué à l'AFP Kijo Bisimba, secrétaire exécutif du Centre juridique et des droits de l'homme (LHRC, Legal and Human Rights Center), principale organisation locale des droits de l'homme.

Selon un rapport publié par le LHRC en juin 2011, les attaques contre les albinos avaient persisté en 2010 en Tanzanie même si, contrairement aux années précédentes, elles n'avaient pas fait de morts.

"Les meurtres d'albinos sont liés à des croyances traditionnelles en la sorcellerie", rappelait l'organisation. Certains croient que "les parties ou les organes des albinos possèdent des pouvoirs magiques et surnaturels qui, mélangés à d'autres produits par des sorciers, rendent plus riches ou chanceux".

En 2007, 2008 et 2009, les meurtres de 58 personnes souffrant d'albinisme avaient été rapportés, selon l'ONG.

Par ailleurs, en 2011, le premier albinos élu député en Tanzanie, Salum Khalfan Barwany, avait déclaré se sentir en danger. Selon l'organisation, neuf meurtriers d'albinos ont été, à ce jour, condamnés à la peine capitale, une peine qui n'est cependant plus appliquée en Tanzanie.

er/jlb