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16/02/2013 05:36 EST | Actualisé 18/04/2013 05:12 EDT

Syrie : les pays hésitent à intervenir (Pillay)

Le Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Navi Pillay, a estimé samedi que la communauté internationale hésitait à intervenir en Syrie car les gouvernements se demandaient si l'enjeu valait la peine de s'engager dans une guerre risquant d'être très longue.

Interrogée par la chaîne de télévision britannique Channel 4, Mme Pillay a réitéré son appel à une saisine de la Cour pénale internationale (CPI) par le Conseil de sécurité de l'Onu pour qu'une enquête soit menée sur les "crimes contre l'humanité et crimes de guerre" commis en Syrie.

Concernant la difficulté pour l'Onu d'intervenir en Syrie, Mme Pillay estime que ce type d'action relève d'une "décision intergouvernementale : intervention, maintien de la paix, intervention militaire ou saisine de la justice internationale".

"Nous appelons à une action immédiate. S'il y a des doutes ou de l'hésitation, c'est parce que les gens s'interrogent sur l'intérêt d'une guerre dans des lieux comme la Libye, la Syrie et l'Afghanistan", a-t-elle expliqué.

"Cela pourrait devenir une guerre traînant en longueur sans la garantie que les civils n'en souffriront pas", a-t-elle ajouté.

Elle a également estimé que le président syrien Bachar Al-Assad devrait répondre devant la justice internationale des crimes commis en Syrie.

"Des crimes de guerre sont commis par les forces du président Assad, ses forces de sécurité et d'autres groupes qui lui sont alliés", a-t-elle dit.

"Il est responsable et le Conseil de sécurité devrait saisir la Cour pénale internationale (CPI)", a-t-elle ajouté.

Le Conseil de sécurité est divisé sur le dossier syrien, la Chine et les Etats-Unis ayant mis à plusieurs reprises leur veto à des projets de résolution occidentaux pour faire pression sur le président Assad.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a prôné samedi à Abou Dhabi une action en Syrie pour favoriser une transition sans le président Bachar al-Assad.

"Face au prix énorme que le peuple syrien a déjà payé (...), il est plus que jamais urgent d'agir pour dépasser les divisions en faveur d'une transition politique", a déclaré M. Le Drian devant les participants à une conférence sur la défense dans le Golfe à Abou Dhabi.

rjm/mr/sym