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16/02/2013 02:50 EST | Actualisé 17/04/2013 05:12 EDT

Phosphore contre des manifestants: la Birmanie écarte un rapport indépendant

Le gouvernement birman a rejeté samedi un rapport indépendant faisant état de l'utilisation de phosphore blanc par les forces de l'ordre lors de la répression d'une manifestation d'opposants à une mine de cuivre, sans toutefois commenter ses conclusions.

Fin novembre, une opération des forces de l'ordre, la plus violente depuis l'avènement du régime réformateur en mars 2011, avait dispersé par la force des centaines de manifestants qui campaient sur le site de cette mine à Monywa (nord).

Des dizaines de personnes, dont de nombreux moines bouddhistes, avaient souffert de graves brûlures.

Une association d'avocats a envoyé une grenade lacrymogène trouvée sur le site à un laboratoire à l'étranger qui a découvert du phosphore oxydé, "compatible avec son utilisation dans une grenade fumigène militaire ordinaire au phosphore blanc", selon son rapport, qui dénonce également une "utilisation excessive" de la force contre les manifestants.

Mais le porte-parole du président a rejeté le rapport, sans pour autant commenter aucune de ses conclusions, indiquant que le gouvernement ne reconnaîtrait que les résultats de l'enquête officielle conduite par la chef de file de l'opposition Aung San Suu Kyi.

"Nous n'étudions pas ou ne commentons pas les enquêtes individuelles", a-t-il indiqué à l'AFP, soulignant que ce rapport pouvait "perturber" le travail de la commission présidée par la lauréate du prix Nobel de la paix qui ne devrait pas rendre ses conclusions avant fin février.

Plusieurs manifestations avaient été organisées après l'opération de novembre pour réclamer des excuses du gouvernement, qui avait exprimé ses regrets notamment auprès des moines.

Le bureau du président Thein Sein avait nié les accusations que des armes chimiques avaient été utilisées, venues de médias birmans.

La mine est gérée par une société mixte formée par le groupe chinois Wanbao et une société appartenant à l'armée birmane. Les opposants au projet exigent son abandon et dénoncent notamment l'insuffisance des indemnisations des saisies de terres.

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