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16/02/2013 07:19 EST | Actualisé 18/04/2013 05:12 EDT

Khamenei renvoie Ahmadinejad et Larijani dos à dos, appelle au calme

Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, a renvoyé dos à dos samedi le président Mahmoud Ahmadinejad et le chef du Parlement Ali Larijani, appelant au "calme" les deux responsables qui avaient publiquement échangé des accusations de corruption sans précédent.

Lors d'un débat houleux le 3 février au Parlement, M. Ahmadinejad a diffusé un enregistrement mettant en cause Ali Larijani et son frère Sadegh Larijani, chef de l'autorité judiciaire, qui auraient proposé leur soutien en échange de pots-de vins à un proche du président iranien, l'ex-procureur Saïd Mortazavi, cible d'une enquête judiciaire et d'une guérilla parlementaire.

Ali Larijani, dont le clan qui domine la faction religieuse ultra-conservatrice au pouvoir, a réagi en accusant M. Ahmadinejad d'empêcher la justice d'agir contre "ses proches ayant un dossier judiciaire" et de "répandre l'immoralité dans la société".

Cet esclandre public, d'une gravité sans précédent, est intervenu lors d'un débat sur le limogeage du ministre du Travail par les députés, et le président avait accusé Ali Larijani de harcèlement contre l'action du gouvernement.

"Il est mauvais et contraire à la loi et à la religion que le chef d'un des pouvoirs accuse ceux des deux autres sur la base de documents douteux", a dit l'ayatollah Khamenei, en allusion au président iranien, dans une allocution devant une délégation de Tabriz (nord-ouest) retransmise par la télévision.

Il a aussi sévèrement jugé l'attitude du président du Majlis, estimant que le limogeage du ministre par le Parlement était "une mauvaise décision" et que M. Larijani était "allé trop loin en se défendant" face M. Ahmadinejad.

Le numéro un iranien a également critiqué au passage le pouvoir judiciaire pour son "inaction" face à la corruption.

"Le peuple a besoin de calme et d'éthique" à la tête du régime, a-t-il fait valoir alors que l'Iran, soumis à un embargo bancaire et pétrolier par les Occidentaux en raison de son programme nucléaire controversé, fait face depuis un an à de graves difficultés économiques et sociales.

M. Ahmadinejad et son gouvernement sont à couteaux tirés avec le Parlement et l'autorité judiciaire, notamment depuis que le président a tenté en avril 2011 de contester le pouvoir du Guide dont se réclament les ultra-conservateurs.

bur-lma/tp