DIVERTISSEMENT
16/02/2013 01:59 EST | Actualisé 18/04/2013 05:12 EDT

Le réalisateur Denis Côté est primé d'un ours d'argent à Berlin

BERLIN - Même s'il vient de gagner un prix prestigieux à la réputée Berlinale, même s'il est de plus en plus agacé d'être perçu comme être «le gars des festivals», le cinéaste Denis Côté promet une chose: il n'ira jamais à Hollywood.

Son film «Vic + Flo ont vu un ours», mettant en vedette Pierrette Robitaille, Romane Borhinger et Marc-André Grondin, a obtenu un ours d'argent, le prix Alfred-Bauer remis «à un film qui ouvre de nouvelles perspectives». Il a été préféré aux oeuvres de nombreux réalisateurs de renom dont Steven Soderbergh, Bruno Dumont et Gus Van Sant.

Denis Côté s'est demandé s'il rêvait en montant sur la scène pour accepter son prix.

«Suis-je vraiment côte-à-côte avec (le président du jury) Wong Kar Wai ?»

Le réalisateur québécois n'a pu s'empêcher de rigoler avec le titre de son film.

«Soudainement, mon film est devenu quelque chose de concept», a-t-il lancé avant de remercier toute «sa merveilleuse équipe» de Montréal.

Plus tard, en conférence de presse, Denis Côté, a notamment salué le travail de sa principale actrice, Pierrette Robitaille, qui était jusqu'ici plus reconnue pour ses talents de comédienne.

«Quand on leur demande de faire autre chose, (les actrices) vous en donnent deux fois plus», a-t-il déclaré.

Lui-même refuse qu'on le jette dans un moule.

«Je ne veux pas être étiqueté comme un pur et dur expérimental», a-t-il dit.

Toutefois, Denis Côté se dit fort à l'aise avec son étiquette de cinéaste de festival. Il n'entend pas non plus se diriger vers un cinéma soi-disant commercial.

«Je ne laisserai pas ma conscience me dicter que je dois m'assagir, que je dois rencontrer le Grand Public. Ce n'est pas un pied-de-nez au Grand Public.»

Pour lui, si le public «veut travailler un peu et se lancer à l'intérieur (du) film, il y est invité».

Quant à son film, il l'a qualifié d'un peu «sauvage avec beaucoup de ruptures de ton», le comparant à «une bonne pizza (comportant plusieurs ingrédients) pour qu'elle devienne juteuse».

Selon lui, ce prix est une façon de le remercier «pour avoir le courage d'oser présenter» un tel film, une façon de lui dire de «continuer de rester libre».

L'annonce a été accueillie avec une très grande satisfaction par le président et chef de la direction de la SODEC, François Macerola, croisé à la cérémonie de commémoration en hommage à Richard Garneau, à Montréal.

«Je suis des plus heureux parce que Denis Côté, c'est un cinéaste que j'aime (...) et qui veut que son film rejoigne du monde et aille dans les festivals. Et là, avec l'ours d'argent, on est 'en business'», a commenté M. Macerola.

«Je trouve que c'est un film magnifique qui a un potentiel très important pour ce qui est de rejoindre un public», a poursuivi l'ancien distributeur, sans pour autant se lancer dans les prédictions en ce qui a trait aux recettes que le film pourrait engranger au box-office québécois.

Par ailleurs, l'Ours d'or du meilleur film a été décerné à «Child's Pose» du réalisateur roumain Calin Peter Netzer.

Le cinéaste bosnien Danis Tanovic a également reçu un Ours d'argent, celui du grand prix du jury pour le film «An Episode in the Life of an Iron Picker».

Les Ours d'argent remis aux meilleurs acteurs ont été respectivement décernés à Nazif Mujic («An Episode in the Life of an Iron Picker») et à Paulina Garcia («Gloria»).

La cinéaste cree Danis Goulet a elle aussi été récompensée. Son film «Barefoot» a remporté une mention spéciale du jury international du volet Generation14Plus.