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16/02/2013 01:14 EST | Actualisé 18/04/2013 05:12 EDT

Birmanie : l'ONU dénonce des cas de torture des rebelles kachin

L'ONU a exprimé samedi son inquiétude concernant "les arrestations arbitraires et la torture pratiquées par l'armée" birmane à l'encontre d'hommes accusés d'être des rebelles de la minorité ethnique kachin.

Le rapporteur spécial des Nations unies sur la Birmanie Tomas Ojea Quintana a salué les pourparlers qui se sont déroulés récemment en Chine entre le gouvernement birman et les responsables de l'Organisation pour l'indépendance kachin (KIO) et qui étaient destinés à mettre fin au conflit.

Mais il a souligné que les combats entre l'armée birmane et les rebelles, qui ont repris en juin 2011 après 17 ans de trêve, avaient eu de lourdes répercussions sur la population, entraînant le déplacement de dizaines de milliers de personnes.

M. Quintana, qui a visité la prison de Myitkyina, capitale de l'Etat Kachin, s'est dit "préoccupé par la pratique des arrestations arbitraires et de la torture au cours des interrogatoires par les militaires d'hommes kachin accusés d'appartenance" à la KIO.

Le rapporteur de l'ONU, qui s'exprimait à l'issue d'une visite samedi en Birmanie, a estimé que la présence militaire dans l'Etat de Kachin signifiait la poursuite de "graves violations des droits de l'homme".

Le gouvernement birman avait annoncé en janvier un cessez-le-feu unilatéral, mais le conflit s'est poursuivi à proximité du quartier général des rebelles situé près de la frontière chinoise. L'armée gouvernementale s'était emparée d'une position des rebelles.

Une nouvelle série de discussions, à laquelle doivent participer d'autres minorités ethniques de Birmanie, doit commencer dans les prochains jours dans le Nord de la Thaïlande.

Ler gouvernement réformateur du président Thein Sein, qui a accédé au pouvoir en 2011 après la fin du régime de la junte, est parvenu à des accords de cessez-le-feu avec la plupart des autres groupes ethniques rebelles, mais la dizaine de rencontres ayant eu lieu avec les rebelles kachin n'ont pas permis de mettre fin à ce conflit.

Les camps abritant les milliers de personnes déplacées par les combats sont en train de "devenir permanents", a souligné M. Quintana. L'accès de l'aide humanitaire demeure un "défi" malgré une récente décision du gouvernement d'autoriser un convoi de l'ONU à acheminer de l'aide dans les territoires tenus par les rebelles, a-t-il ajouté.

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