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16/02/2013 09:33 EST | Actualisé 18/04/2013 05:12 EDT

Bersani, un ex-communiste fumeur de cigares teinté de libéralisme

Pier Luigi Bersani, donné favori par les sondages pour devenir le prochain chef du gouvernement italien après les législatives de fin février, est un ex-communiste teinté de libéralisme et amateur du +toscano+, le cigare traditionnel toscan fin et torsadé.

Cet homme de 61 ans, fan de rock qui garde l'air sérieux même quand il sourit, pourrait réussir à battre son principal concurrent, Silvio Berlusconi, un exploit que seul Romano Prodi dans la gauche italienne avait réussi à réaliser jusqu'à présent.

Pas très charismatique avec son visage rond et son crâne dégarni, ce natif d'Emilie-Romagne, une région du nord-est fief de la gauche, est fier de ses origines modestes. Il est né le 29 septembre 1951 à Bettola, un village de cette région traditionnellement "rouge" où son père mécanicien gérait une station-service. Il y a travaillé quand il était étudiant.

C'est dans ce village de montagne qu'il a lancé sa campagne: "Sans racines, on ne peut pas produire de nouvelles feuilles", a-t-il lancé à ses partisans à cette occasion. Selon un sondage réalisé par l'institut Cise/Luiss, Bersani représente "l'âme identitaire de la gauche". Lui-même se définit comme un élément politique "d'occasion mais sûr".

Diplômé de philosophie, après une brève expérience d'enseignant, il se consacre complètement à l'activité politique au sein de l'alors très puissant Parti communiste, qui disparaîtra en 1991 avec l'effondrement de l'URSS. Comme la plupart des ex-membres du PCI, il rejoint alors le Parti démocrate de la gauche (PDS), devenu depuis 2007 le Parti Démocrate (PD), dont il devient le patron en 2009.

Il sera conseiller régional puis président de sa région natale en juillet 1993, un poste qu'il ne quittera que pour devenir ministre de l'Industrie du premier gouvernement de Romano Prodi en 1996.

Il est nommé ministre des Transports dans un autre gouvernement Prodi et ministre du Développement économique entre 2006 et 2008, année de la défaite de la gauche face à Silvio Berlusconi.

Apprécié de ses interlocuteurs dans les milieux économiques et industriels, il promeut une vague de privatisations dans des secteurs aussi différents que l'électricité ou la vente de médicaments en supermarché.

Au niveau international il est loin de la notoriété de Silvio Berlusconi ou de Mario Monti, mais il a récemment reçu le soutien du président français, le socialiste François Hollande, ainsi que de plusieurs autres dirigeants européens, notamment le Premier ministre belge Elio di Rupo ou le président du Parlement européen Martin Schulz.

Dans ses récents discours, il a affirmé qu'il comptait maintenir le cap de la "rigueur et la crédibilité" mis en avant par le chef de gouvernement sortant Mario Monti, tout en mettant l'accent sur "l'emploi, l'équité, le travail et la moralité".

Habile tacticien, il est ressorti vainqueur de plusieurs primaires au sein de son parti, en particulier contre son jeune challenger, le maire de Florence Matteo Renzi. Mais inspiré par ce dernier, il cherche à compenser son image d'homme d'appareil: il s'est entouré de jeunes, a promu les femmes au sein de son parti et se présente comme lui parfois en manche de chemises. "Je travaille plus pour mon pays que pour mon parti", a-t-il assuré au cours de sa campagne.

M. Bersani a aussi courtisé les catholiques en citant parmi ses héros le pape Jean XXIII (1958-1963), dont la figure est encore très populaire en Italie.

Il est marié depuis 1980 à Daniela Ferrari, une pharmacienne avec laquelle il a eu deux filles, Elisa et Margherita.

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