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16/02/2013 08:55 EST | Actualisé 18/04/2013 05:12 EDT

Après Hollande, Cameron part en Inde et garde espoir de détrôner le Rafale

Après le président François Hollande, le Premier ministre britannique David Cameron se rend lundi en Inde, avec l'ambition d'y développer un partenariat modèle et l'espoir de faire changer d'avis New Delhi, en l'amenant à préférer l'avion de combat Eurofighter au Rafale français.

Mais lors de cette visite à New Delhi et Bombay, prévue jusqu'à mercredi, sa tâche sera compliquée par le scandale de corruption qui affecte un autre contrat dans le domaine aéronautique: celui des hélicoptères Finmeccanica.

Le gouvernement indien a annoncé vendredi avoir lancé la procédure d'annulation d'un contrat de 748 millions de dollars (560 millions d'euros) avec cette entreprise italienne, portant sur la livraison de 12 hélicoptères, en raison du versement présumés de pots-de-vin à des officiels indiens.

Or ces hélicoptères AgustaWestland, filiale anglo-italienne de Finmeccanica, sont fabriqués dans le sud-ouest de l'Angleterre. Trois ont déjà été livrés à l'Inde.

L'affaire assombrit la deuxième visite de David Cameron en Inde depuis le début de son mandat, alors même qu'il a récemment émis le souhait de faire de la relation entre son pays et l'ancienne colonie "l'un des grands partenariats du 21e siècle".

L'an dernier, Londres avait essuyé un cinglant revers quand le gouvernement indien avait préféré l'avion de combat français Rafale pour équiper son armée de l'air plutôt que le Typhoon du consortium européen Eurofighter, en dépit des efforts déployés par les Britanniques.

Mais le mirifique contrat estimé à au moins 12 milliards de dollars avec Dassault Aviation n'a toujours pas été finalisé, et Londres n'a pas renoncé à vanter les mérites de l'Eurofighter Typhoon, construit par un consortium formé du britannique BAE Systems, du groupe européen EADS et de l'italien Finmeccanica.

Mis sur le gril en raison de son échec, David Cameron avait promis aux députés britanniques en février 2012 qu'il allait "tout faire" pour encourager l'Inde à reconsidérer son choix.

"Hollande était en Inde cette semaine et aucun accord n'a été signé, donc nous allons nous enquérir auprès des Indiens de la progression de leurs discussions avec les Français", a indiqué une source gouvernementale à l'agence britannique Press Association.

Un porte-parole de Downing Street a évoqué le sujet plus diplomatiquement, alors que Londres et Paris sont officiellement liés par des accords de défense poussés. "Nous respectons le fait que les Indiens aient choisi leur candidat préféré, et soient actuellement en train de négocier avec les Français. Bien sûr, nous continuerons à promouvoir l'Eurofighter comme un avion formidable, non seulement en Inde mais dans le monde entier", a-t-il cependant ajouté.

Le président français, qui était en visite en Inde jeudi et vendredi, a exprimé son "grand espoir" de voir les négociations se conclure bientôt, tandis que le PDG de Dassault Eric Trappier a fait part de son "optimisme réaliste".

En dehors des questions de défense, David Cameron devrait par ailleurs être accompagné de représentants de la grande distribution qui souhaitent renforcer leur présence en Inde, notamment de la chaîne de supermarchés Tesco, qui a déjà une co-entreprise dans ce pays.

Le Premier ministre britannique a pour objectif de doubler la valeur des échanges commerciaux avec l'Inde, qui représentaient en 2010 11,5 milliards de livres (13,4 milliards d'euros), pour les faire passer à 23 milliards de livres en 2015.

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