NOUVELLES
15/02/2013 03:21 EST | Actualisé 17/04/2013 05:12 EDT

Travaux routiers: des annonces partisanes sans budget, selon Gaudreault

QUÉBEC - Le gouvernement libéral a multiplié les annonces avant de quitter le pouvoir et a laissé sur les tablettes des projets routiers «non budgétés» pour une valeur 2,5 milliards $, a soutenu le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, vendredi.

En commission parlementaire pour l'étude des crédits de son ministère, M. Gaudreault a raconté avoir été abasourdi devant autant d'annonces improvisées et pour lesquelles les budgets n'avaient pas été prévus.

«Je vous le dis, s'il y a une chose qui m'a jeté par terre depuis que je suis ministre, c'est ça», a lâché M. Gaudreault en ouverture de séance.

Désormais, a-t-il poursuivi en insistant sur chacun de ses mots, «on va faire ce qu'on dit et on va dire ce qu'on fait».

Aux projets «sous-budgétés» d'environ 345 millions $ _ autoroutes 35, 410 et 70 _ s'ajoutent ceux qui ont été reportés au-delà du Plan québécois des infrastructures (PQI) 2011-2016, a relaté le ministre.

D'après les données fournies par le ministère, ces projets sont ceux de l'A-19, de la rue Notre-Dame à Montréal, de l'A-20 Trois-Pistoles - Bic et de l'A-85 Saint-Louis-du-Ha!-Ha! - Saint-Antonin.

M. Gaudreault présentera au cours des prochaines semaines une nouvelle planification des travaux d'infrastructures sur une période de dix ans (2013-2022). En attendant, il laisse planer le doute sur le sort qui attend le chapelet de projets mis en cause. Certains pourraient être reportés, voire annulés.

Poussés par l'électoralisme ou le désir de poser devant les caméras, les ministres du gouvernement précédent, dont le premier ministre Jean Charest lui-même, ont suscité de faux espoirs avec des annonces mal ficelées, a dénoncé M. Gaudreault à plusieurs reprises pendant son intervention.

Dorénavant, «quand il y aura des annonces, ce sera de vraies annonces», a promis le ministre.

«On n'ira pas créer de faux espoirs chez les gens de Bois-des-Fillions, chez les gens du West Island, chez les gens du Bas-Saint-Laurent, chez les gens du Saguenay - Lac-Saint-Jean, chez les gens de Québec. On n'ira pas créer de faux espoirs en allant couper des rubans avec des photos», a-t-il ajouté.

La porte-parole libérale et ancienne ministre des Transports, Julie Boulet, a rejeté ces accusations du revers de la main.

Les ouvrages projetés «étaient inscrits dans la volonté du gouvernement», a insisté la députée de Laviolette.

«Quand on est à l'étape très, très préliminaire de la réalisation d'un projet, c'est clair qu'on ne peut pas dire combien il va coûter, on ne le sait pas. Il faut cheminer (d'étape en étape)», a-t-elle poursuivi.

À son avis, le Parti québécois au pouvoir cherche un bouc émissaire pour ses compressions dans les dépenses d'infrastructures.

«C'est pour cacher qu'ils font une coupe de 1,5 milliard $ cette année dans les investissements en infrastructures. Évidemment, avec 1,5 milliard $ de moins, il y a plusieurs projets qui vont être coupés. Qu'ils aient l'honnêteté de dire aux Québécois ce qui va être coupé», a-t-elle soulevé.