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15/02/2013 12:59 EST | Actualisé 17/04/2013 05:12 EDT

Québec solidaire et la CAQ s'allient contre la minicentrale de Val-Jalbert

MONTRÉAL - Fait rarissime, la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire ont décidé de faire front commun afin de réclamer la mise au rancart du projet de minicentrale à Val-Jalbert, au Saguenay—Lac-Saint-Jean.

Lors d'une étonnante apparition conjointe, vendredi à Montréal, le chef de la CAQ, François Legault, et le député Amir Khadir, de Québec solidaire, ont tous deux dénoncé avec vigueur ce projet qu'ils qualifient de subvention déguisée qui sera nuisible à la fois à l'environnement et à l'économie.

François Legault a fait valoir que ce projet engendrera des pertes annuelles de 3 millions $ à 4 millions $ et, même s'il créera 140 emplois durant sa phase de construction, il n'en nécessitera qu'un seul lorsque la centrale sera en opération.

Le chef caquiste a rappelé que la notion de développement durable impliquait normalement un développement économique au bénéfice de tous dans le respect de l'environnement, ce qui nécessite habituellement un compromis entre les deux. Selon lui, Val-Jalbert ne répond à aucun de ces critères.

«Dans le cas de Val-Jalbert, l'arbitrage est facile: c'est un projet qui est mauvais pour l'environnement et mauvais économiquement», a dit M. Legault.

Amir Khadir a pour sa part souligné que les bénéfices que doit en tirer la localité seront obtenus à gros prix et que seuls quelques promoteurs en profiteront.

«Pour chaque dollar qui, au cours des 20 prochaines années, va constituer une retombée pour la population locale, il va y avoir trois dollars qui vont être empochés par les promoteurs privés qui vont gérer cette minicentale», a-t-il dit.

«Appelons un chat un chat, a renchéri François Legault. C'est une façon déguisée avec un projet non rentable d'aller donner une subvention à des autorités municipales ou des MRC qui en ont peut-être besoin, mais pourquoi aller faire un projet qui va faire perdre à l'ensemble des Québécois des dizaines de millions de dollars?»

Les deux politiciens ont insisté sur l'impact environnemental négatif du projet, notant qu'il implique l'assèchement de la rivière et de la chute durant sept mois par année.

Ils s'interrogent d'ailleurs sur les raisons qui ont mené la première ministre Pauline Marois à aller de l'avant avec ce projet tout en mettant un terme aux six autres projets de minicentrales. Selon eux, des projets beaucoup plus porteurs sur les plans économique et environnemental peuvent être offerts à la localité, qui ne tirera que 1 million $ de revenus annuels de la minicentrale.

Tant Amir Khadir que François Legault exigent maintenant, en plus de l'arrêt de ce projet, un examen approfondi de la gestion et des pratiques d'Hydro-Québec, estimant qu'après les déboires dans le dossier de Gentilly-2, les coûts des surplus énergétiques et la visite de l'Unité permanente anticorruption dans les bureaux de la société d'État, il est temps d'y regarder de plus près.

«Je suis surpris de voir la que la direction est toujours en place chez Hydro-Québec, a déclaré François Legault. Les mauvaises décisions s'accumulent. (...) Qu'attend le Parti québécois pour faire le ménage chez Hydro-Québec?»

La CAQ voudrait que le Vérificateur général se penche sur la gestion d'Hydro-Québec, une demande déjà faite par Québec solidaire, qui exige également que la Commission Charbonneau soit saisie des activités de la société d'État.