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15/02/2013 03:31 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Nouvelle manifestation à Bahreïn au lendemain de heurts ayant fait 2 morts

L'opposition à Bahreïn organise vendredi une nouvelle manifestation près de Manama, au lendemain d'affrontements ayant fait deux morts lors des commémorations du 2e anniversaire du soulèvement animé par la majorité chiite qui réclame des réformes démocratiques.

La manifestation, prévue en milieu d'après-midi sur Boudaya, une route reliant plusieurs villages chiites, survient sur fond de vive tension dans ce petit pays du Golfe dirigé par une dynastie sunnite et confronté depuis deux ans à une crise politique.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé la mort dans la nuit d'un policier, touché par un projectile incendiaire lancé par des manifestants lors d'affrontements à Al-Sahla, un village chiite près de Manama.

En outre, a ajouté le ministère, une unité de la lutte anti-terroriste a désamorcé jeudi soir une bombe de près de deux kilogrammes, placée sur le pont-digue du roi Fahd, sans donner plus de détails.

Ce pont relie depuis 1986 Bahreïn à la province Orientale d'Arabie saoudite où se concentre la minorité chiite de ce royaume à majorité sunnite.

"Le policier Mohamed Atef, touché par un projectile incendiaire tiré à distance et qui l'a grièvement blessé, a succombé avant son arrivée à l'hôpital", a déclaré le chef de la police, le général Tarek al-Hassan.

"Des groupes terroristes" ont lancé des cocktails Molotov, des barres de fer et des pierres en direction des policiers qui sécurisaient des routes et protégeaient des biens publics et privés à Al-Sahla, a-t-il ajouté.

Sa mort est intervenue au terme d'une journée d'affrontements dans plusieurs villages chiites, au cours desquels un jeune protestataire a été tué.

Hussein al-Jaziri, 16 ans, est mort après avoir été grièvement blessé, notamment à la poitrine, par des tirs à la chevrotine, lors d'affrontements avec les forces anti-émeutes dans le village de Daih, selon la principale formation de l'opposition chiite, Al-Wefaq.

Le parquet, cité par l'agence de presse officielle BNA, a annoncé qu'il interrogeait deux policiers soupçonnés d'implication dans la mort du protestataire.

"Hussein al-Jaziri a été tué de sang froid", a accusé l'opposition, déplorant "des dizaines de blessés et plusieurs arrestations illégales".

"Le peuple est déterminé à obtenir ses droits légitimes pacifiquement (...) pour une transition démocratique", a ajouté dans un communiqué l'opposition, qui réclame notamment une monarchie constitutionnelle, un gouvernement issu d'élections et la fin de la discrimination confessionnelle.

Des centaines de personnes étaient descendues dans la rue jeudi dans plusieurs villages chiites, aux cris de: "Le peuple veut la chute du régime" ou "A bas Hamad", le roi de Bahreïn.

Les forces anti-émeutes, déployées en force, ont fait usage de gaz lacrymogène et tiré à la chevrotine contre les manifestants, qui leur lançaient des pierres et des cocktails Molotov.

Les protestataires ont bloqué les accès des villages avec des pneus en feu, des troncs d'arbres ou des bennes à ordures, selon des témoins.

Les heurts se sont poursuivis par intermittence jusqu'aux premières heures de vendredi dans certains villages où des protestataires ont fait exploser des bonbonnes de gaz, ont indiqué des habitants contactés par téléphone.

Les manifestants répondaient à un appel à la grève générale et à la désobéissance civile jeudi, lancé par le Collectif du 14-Février, un groupe clandestin radical qui orchestre la mobilisation via les réseaux sociaux.

La contestation, déclenchée en 2011, s'est soldée par 80 morts selon la Fédération internationale des droits de l'Homme. Plusieurs dirigeants de l'opposition sont emprisonnés depuis.

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