NOUVELLES
15/02/2013 03:03 EST | Actualisé 17/04/2013 05:12 EDT

Les sunnites irakiens expriment leur colère contre le gouvernement

BAGDAD - Des dizaines de milliers de sunnites se sont rassemblés vendredi dans plusieurs villes d'Irak pour dénoncer ce qu'ils estiment être le traitement injuste du gouvernement à leur égard.

Les sunnites irakiens ont organisé de nombreuses manifestations depuis décembre. Ils réclament la démission du premier ministre chiite, Nouri Al-Maliki, et la libération de milliers de sunnites arrêtés arbitrairement, selon eux. Ils veulent aussi que les autorités modifient les politiques qu'ils jugent discriminatoires envers les sunnites.

Les manifestants espéraient pouvoir organiser un grand rassemblement dans la capitale, Bagdad, mais ils ont annulé leur projet quand le gouvernement a rejeté leur demande et imposé des mesures de sécurité renforcées. Les forces de sécurité ont bloqué les routes menant aux provinces à majorité sunnite et ont bouclé tous les quartiers sunnites de la capitale.

Dans les villes de Falloujah et Ramadi, anciens bastions des insurgés sunnites, des manifestants ont bloqué la principale autoroute menant à la Jordanie et à la Syrie lors de la prière de la mi-journée. D'autres manifestants se sont rassemblés sur les places centrales de Samarra, Mossoul et Kirkouk, dans le nord du pays. Des résidants de Bagdad se sont réunis devant une importante mosquée sunnite de la ville.

«Où est le partenariat dont vous parlez? Les sunnites ne voient qu'un génocide et une marginalisation», a lancé un imam, Saad al-Fayadh, devant des milliers de personnes rassemblées à Ramadi.

Il a accusé le gouvernement à majorité chiite de laisser l'influence de l'Iran s'implanter à Bagdad, en affirmant que les pèlerins iraniens pouvaient facilement entrer dans le pays et que des milices chiites soutenues par l'Iran avaient défilé dans les rues.

«Suis-je un étranger? Sommes-nous des citoyens de deuxième classe? Sommes-nous vos ennemis?», a-t-il demandé.

Certains manifestants ont juré de déplacer leur mouvement de protestation dans la capitale.