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15/02/2013 05:01 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Le G20 se réunit à Moscou pour éviter une "guerre des monnaies"

Les pays riches et émergents du G20 se penchent vendredi et samedi à Moscou sur la faiblesse de la reprise de l'économie mondiale, plombée par la zone euro, dans l'espoir d'écarter la menace d'une "guerre des monnaies" ravivée par le Japon.

Les ministres des Finances et banquiers centraux du forum des grandes puissances seront reçus à 16H00 locales (12H00 GMT) au Kremlin par le chef de l'Etat Vladimir Poutine pour le coup d'envoi de cette année de présidence russe du G20.

Pour la première fois depuis longtemps, les craintes d'un éclatement ravageur de l'euro ne sont pas au coeur de la réunion. "On attend un débat sur la situation économique internationale plus riche que par le passé, quand la zone euro et ses dirigeants étaient toujours mis sur le gril", assurait cette semaine un responsable européen.

Las, les statistiques publiées à la veille de la rencontre ont remis l'Europe sur la sellette: la récession a été plus grave que prévu l'an dernier en zone euro, et la croissance pourrait encore y être nulle en 2013.

Or il s'agit du principal frein à la reprise mondiale.

La Russie a justement fait de la recherche de nouvelles "sources de croissance" une priorité de son G20, qui culminera lors d'un sommet début septembre à Saint-Pétersbourg.

Alors que les excès de rigueur budgétaire commencent à être pointés du doigt pour leur effet néfaste sur l'activité, les grands argentiers devraient avoir, à Moscou, "une discussion sur le bon rythme de l'assainissement des finances publiques" pour "l'adapter à la conjoncture", explique un autre responsable européen.

D'ordinaire sourcilleuse en la matière, la Commission européenne vient d'accepter d'envisager des délais pour la réduction des déficits, mais l'Allemagne, encore plus orthodoxe, risque de s'opposer à tout relâchement de l'austérité.

Certains pays européens, France en tête, s'inquiètent de leur côté de la vigueur de l'euro, qui handicape leurs exportations. Plus largement, la zone euro dénonce les politiques monétaires des Etats-Unis et du Japon, qui font tourner la planche à billets pour soutenir leur économie, avec pour effet de déprécier leurs devises.

"Nous ne serons pas capables d'éviter une autre crise +à la 2008+ si une proportion croissante d'argent est injectée dans l'économie", a prévenu mercredi le ministre allemand des Finances Wolgang Schäuble.

Les craintes d'une "guerre des monnaies" provoquée par un enchaînement de dévaluations compétitives menées par des pays en quête de croissance ont été ravivées par le récent virage japonais. La banque centrale du Japon a cédé aux pressions du gouvernement pour soutenir l'économie en créant de la monnaie, une politique courante aux Etats-Unis mais que s'interdit la Banque centrale européenne (BCE).

"La +guerre des monnaies+ va de nouveau être en tête de l'ordre du jour du G20, car les principaux pays émergents (Brésil, Inde, Turquie, Russie) vont de nouveau accuser l'Occident d'affaiblir délibérément ou de facto leur propre monnaie, ce qui renforce les devises des économies émergentes", estime l'économiste Jan Randolph, d'IHS Global Insight.

Selon le ministre russe des Finances Anton Silouanov, "il ne fait aucun doute que ce thème va émerger" et que le Japon va devoir s'expliquer. "Dans le communiqué final, les ministres des Finances vont se prononcer pour que les taux de changes restent déterminés par le marché", a-t-il annoncé, cité par des agences russes.

Les pays les plus riches de la planète, réunis au sein du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Canada, Italie, France et Royaume-Uni), ont déjà publié un communiqué en ce sens en début de semaine.

Le Fonds monétaire international (FMI) a toutefois tenté de désamorcer la controverse, en jugeant jeudi "exagérées" les craintes, tout en appelant à garder un "oeil" sur cette question. Et le président de la BCE Mario Draghi, cité par l'agence financière Dow Jones Newswires, a dénoncé les "bavardages" sur la "guerre des monnaies" qui sont "soit inappropriés, soit sans intérêt, dans tous les cas contre-productifs".

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