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15/02/2013 03:35 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

La Russie ouvre une nouvelle enquête dans le cadre de l'affaire Magnitski (Hermitage Capital)

La Russie a ouvert une nouvelle enquête dans le cadre de l'affaire du juriste Sergueï Magnitski mort en prison après avoir dénoncé une vaste escroquerie financière, à l'origine d'un conflit diplomatique entre Moscou et Washington, a indiqué vendredi le fonds Hermitage Capital.

L'enquête a été ouverte par le ministère russe de l'Intérieur le 24 janvier 2013 et vise "des collègues de M. Magnitski", a précisé dans un communiqué le fonds d'investissement occidental qui employait l'avocat fiscaliste. Il ne donne toutefois pas plus de précisions sur les personnes visées par cette enquête.

Dans le cadre de ces poursuites, le ministère a réclamé à la filiale moscovite de la banque britannique HSBC de lui fournir tous les relevés bancaires concernant huit entreprises liées au fonds Hermitage, en remontant jusqu'à 1996.

"En cas de refus, des responsables du ministère ont menacé la banque de lui envoyer des employés des services spéciaux", a écrit le fonds dans son communiqué, citant un extrait d'une lettre du ministère qu'il s'est procurée.

Il souligne que cette nouvelle enquête a été ouverte environ un mois après que le président russe Vladimir Poutine a annoncé, en conférence de presse, vouloir "plonger plus profondément" dans cette affaire.

Sergueï Magnitski avait été arrêté en 2008 après avoir dénoncé une vaste machination financière de 5,4 milliards de roubles (130 millions d'euros) ourdie, selon lui, par des responsables de la police et du fisc au détriment de son employeur ainsi que de l'Etat russe.

Il avait alors été inculpé de fraude fiscale par les responsables mêmes qu'il dénonçait, selon Hermitage.

Sa mort après onze mois de détention provisoire est à l'origine d'un conflit diplomatique entre Moscou et Washington, qui s'est nettement avivé fin 2012 avec la promulgation aux Etats-Unis d'une loi sanctionnant les responsables russes impliqués dans l'affaire, aussitôt suivie de celle d'une loi russe interdisant les adoptions d'enfants russes par des Américains.

Trois ans après sa mort, la justice russe a maintenu son intention de le juger pour fraude fiscale. Son procès post-mortem doit débuter la semaine prochaine à Moscou.

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