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15/02/2013 05:56 EST | Actualisé 17/04/2013 05:12 EDT

Kenyatta et Ruto, ex-rivaux, co-accusés par la CPI, alliés électoraux

Un tribunal kényan a levé vendredi, en se disant incompétent, un obstacle juridique à la candidature à la présidentielle kényane du 4 mars du ticket Uhuru Kenyatta/William Ruto, inculpés par la Cour pénale internationale pour leur rôle dans les violences post-électorales de fin 2007.

UHURU KENYATTA:

Candidat à la présidence.

Né le 26 octobre 1961, Uhuru Kenyatta, marié et père de trois enfants, est le fils de Jomo Kenyatta, "père" de l'indépendance kényane et premier président du pays entre 1964 et 1978.

Actuel vice-Premier ministre et député de Gatundu South (centre), M. Kenyatta, dont le prénom signifie "liberté" en swahili, est l'un des principaux leaders de la communauté kikuyu, la plus nombreuse du pays, et l'héritier politique d'une famille parmi les plus influentes et les plus riches du Kenya.

La famille Kenyatta est à la tête d'un empire financier présent notamment dans l'agro-alimentaire, le tourisme, l'immobilier, la banque, et est le principal propriétaire terrien individuel du Kenya.

Uhuru Kenyatta se présente pour la première fois à la députation en 1997 dans l'ancienne circonscription de son père, où il est battu.

L'ex-président autocrate, Daniel Arap Moi (1978-2002) favorise néanmoins l'ascension politique du fils de son prédecesseur, en le nommant en 1999 à la tête du Conseil du tourisme kényan, puis en octobre 2001 au Parlement et au gouvernement en tant que ministre des Communautés locales.

En 2002, il en fait officiellement son dauphin en le choisissant pour être le candidat de la Kanu (Kenya African National Union) à la présidentielle de 2002, suscitant un fort mécontentement au sein de l'ex-parti unique.

Battu par Mwai Kibaki, M. Kenyatta, devient le chef de l'opposition parlementaire avant de soutenir la réélection du chef de l'Etat lors de la présidentielle du 27 décembre 2007.

La contestation de la victoire annoncée de M. Kibaki dégénère en violences ethniques, que le procureur de la CPI soupçonne M. Kenyatta d'avoir alimentées en mobilisant le gang criminel des Mungiki pour attaquer des partisans de Raila Odinga, adversaire malheureux de M. Kibaki.

Il est nommé vice-Premier ministre et ministre des Finances dans le gouvernement de coalition formé par M. Odinga, devenu Premier ministre après un accord de partage du pouvoir avec M. Kibaki.

Il abandonne en janvier 2012 son portefeuille des Finances après avoir été inculpé de crimes contre l'humanité par la CPI, mais a conservé son poste de vice-Premier ministre.

- WILLIAM RUTO:

Candidat à la vice-présidence.

Né le 21 décembre 1966, dans la Vallée du Rift, William Samoei arap Ruto, marié et père de six enfants, s'est imposé ces dernières années à la tête de l'importante communauté kalenjin de l'ex-président Moi, ce qui lui donne un poids politique et un pouvoir de négociation importants.

Diplômé en sciences de l'Université de Nairobi en 1990, il est d'abord professeur dans l'enseignement secondaire.

Il est député d'Eldoret depuis 1997, élu d'abord sous les couleurs de la Kanu, dont il fut au début des années 90 un des responsables de la jeunesse et qu'il a quitté en 2007 pour tenter d'obtenir l'investiture du Mouvement démocratique orange (ODM) pour la présidentielle qui s'annonce alors.

Battu par Raila Odinga, il apporte un soutien de poids à la candidature présidentielle de celui-ci, qui sera battu par Mwai Kibaki.

Nommé ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Odinga formé après les violences sur lesquelles ont débouché la présidentielle de fin 2007, il passe en 2010 au poste de ministre de l'Enseignement supérieur.

Il est suspendu de ses fonctions en octobre de cette année-là après avoir été mis en cause par la justice kényane dans une affaire de corruption remontant à 2004.

En janvier 2012, il est inculpé de crimes contre l'humanité par la CPI pour son implication dans les violences post-électorales. Le procureur de la CPI le décrit comme le principal planificateur et organisateur des violences meurtrières contre la communauté kikuyu et les partisans du président Mwai Kibaki, notamment dans sa vallée du Rift natale.

Ancien allié de M. Odinga, leur divorce est consommé et il s'est rapproché de Uhuru Kenyatta en vue de l'élection du 4 mars, en dépit des réticences d'une partie de sa communauté.

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