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15/02/2013 04:44 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Israël: possibles inculpations pour négligence dans mort du "prisonnier X"

Les circonstances mystérieuses de la mort en détention du "prisonnier X", un Israélo-Australien incarcéré en Israël pour des raisons de sécurité, pourraient conduire à des inculpations pour négligence, selon un responsable du ministère de la Justice, cité vendredi par les médias.

Une enquête des autorités israéliennes sur la mort, en décembre 2010, du prisonnier - présenté par les médias australiens comme Ben Zygier, un juif australien de 34 ans, recruté par le Mossad, les services de renseignements extérieurs israéliens - avait conclu à un suicide.

Mais selon le ministère de la Justice, qui avait mis fin mercredi soir au black-out israélien sur l'affaire, la juge en charge du dossier a demandé un complément d'enquête "pour examiner des problèmes de négligence".

"Si elle n'avait rien trouvé de suspect elle ne nous aurait pas transmis le dossier", a déclaré jeudi soir le haut-responsable du ministère de la Justice, à des journalistes israéliens.

Des inculpations seront prononcées si les résultats de l'enquête complémentaire concluent à des négligences dans la surveillance de Ben Zygier lors de sa détention, a-t-il précisé.

Le fait que le détenu, incarcéré dans une prison de haute sécurité, sous surveillance ininterrompue, soit parvenu à se pendre, suscite de nombreuses interrogations et alimente les théories du complot, relayées par les médias israéliens et australiens.

Dans ce contexte, le quotidien Haaretz rapporte vendredi, citant une source proche du dossier, qu'Israël a récemment signé un accord avec la famille de Ben Zygier lui octroyant plusieurs millions de shekels de compensation.

La source citée par le quotidien précise que l'accord a été signé il y a six semaines, lorsque la famille a été informée des conclusions de l'enquête déterminant que Ben Zygier s'était suicidé.

Rien ne laissait supposer que le détenu allait se suicider, a déclaré jeudi à l'AFP un avocat spécialiste des droits de l'Homme, Avigdor Feldman, qui l'a rencontré la veille de sa mort.

"A aucun moment, durant toute la conversation, je n'ai eu l'impression qu'il s'agissait d'une personne qui était sur le point de se supprimer", a témoigné Me Feldman. "J'ai été abasourdi quand j'ai appris (sa mort)", a-t-il souligné.

dms/feb