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15/02/2013 08:16 EST | Actualisé 17/04/2013 05:12 EDT

Irak: nouvelles manifestations contre le gouvernement de Maliki

Plusieurs milliers de personnes ont une nouvelle fois manifesté vendredi dans les régions d'Irak à majorité sunnite pour appeler au départ du gouvernement de Nouri al-Maliki alors que la crise s'aggrave avec une recrudescence des violences à deux mois d'élections provinciales cruciales.

Les manifestants, principalement sunnites, protestent depuis fin décembre notamment contre la "marginalisation" dont leur minorité se dit victime.

Les manifestations ont commencé vendredi après la prière hebdomadaire dans les villes de Mossoul, Samarra, Kirkouk, Baqouba, Ramadi et Falloujah, au nord de Bagdad, ainsi que dans des secteurs à majorité sunnite de la capitale au milieu d'un lourd dispositif de sécurité, les autorités craignant des attaques.

"La liberté n'a pas de sens dans un pays où les criminels sont libres", pouvait-on lire sur une bannière à Samarra, une autre prévenant les autorités: "Bagdad, nous arrivons".

"Les dirigeants doivent se pencher sur la situation des gens qui, en dépit de leur pauvreté et leur douleur, continuent de vivre", a lancé cheikh Abou Ala al-Hassani, dans une allocution devant les manifestants à Mossoul.

"Cela fait plus de 50 jours que nous sommes en grève, et nous réclamons toujours (...) que les responsables rendent des comptes", a-t-il poursuivi.

M. Maliki (issu de la majorité chiite) est au centre d'un ample mouvement de contestation, depuis l'arrestation fin décembre de gardes du corps d'un ministre sunnite. Ses alliés au gouvernement l'accusent en outre d'accaparer le pouvoir.

Outre son départ, les sunnites, qui s'estiment "marginalisés", exigent la libération de prisonniers injustement incarcérés selon eux et l'abrogation de lois antiterroristes dont ils pensent faire les frais.

Conscient de l'ampleur du mouvement, le Premier ministre a désigné une commission ad hoc chargée de répondre aux doléances des manifestants et fait libérer quelque 3.000 prisonniers ces dernières semaines.

Les manifestations ont aggravé une crise politique qui perdure, à deux mois d'élections provinciales cruciales qui constitueront un test pour M. Maliki et ses opposants, avant des élections nationales en 2014.

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