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15/02/2013 05:30 EST | Actualisé 17/04/2013 05:12 EDT

Bangladesh : le corps décapité d'un blogueur anti-islamiste retrouvé

Un blogueur critique des groupes islamistes au Bangladesh a été tué vendredi soir dans une banlieue de la capitale Dacca, où son corps décapité a été retrouvé, a annoncé la police.

Cet homme de 35 ans, Ahmed Rajib, plus connu sous son pseudonyme sur internet de Thaba Baba, avait participé la veille à une grande manifestation contre les dirigeants du plus grand parti islamiste dans son pays, le Jamaat-e-Islami, actuellement jugés pour des crimes de guerre commis pendant la lutte pour l'indépendance menée contre le Pakistan en 1971.

Le corps sans vie du blogueur, décapité à l'aide d'une machette, a été découvert par les policiers près de son domicile à Pallabi.

"Nous avons retrouvé la machette. Il est clair que l'on voulait le tuer. Ils (ses agresseurs) n'ont pas touché à son ordinateur portable ou à d'autres objets de valeur", a déclaré à l'AFP Sheikh Motiur Rahman, un responsable de la police.

Il n'a pas fourni le mobile du crime, mais a souligné, citant la famille d'Ahmed Rajib, que ce dernier avait joué un grand rôle dans l'organisation des récentes actions de protestation contre les islamistes.

Le frère de la victime, qui a requis l'anonymat, a affirmé à l'AFP qu'Ahmed Rajib avait été "fréquemment menacé" par les islamistes, mécontents de ses activités militantes et de ses écrits contre la religion.

La campagne de manifestations en vue de réclamer l'exécution des dirigeants du Jamaat-e-islami poursuivis pour crimes de guerre devant un tribunal spécial controversé a débuté après la condamnation à la prison à perpétuité la semaine dernière du numéro quatre de ce parti islamiste, une sentence jugée beaucoup trop clémente par les contestataires.

Des contre-manifestations ont parallèlement été organisées par des partisans du Jamaat-e-islami.

Les violences liées à ces troubles ont fait au moins 13 morts.

Le "tribunal international des crimes" du Bangladesh (ICT), baptisé ainsi par le gouvernement en dépit de l'absence de toute implication ou supervision des Nations unies, a été accusé d'avoir été mis en place par le pouvoir pour des raisons politiques, la plupart des personnes jugées appartenant à l'opposition.

Le gouvernement affirme de son côté que ces procès sont nécessaires pour cicatriser les plaies de la guerre d'indépendance, qui a duré neuf mois et pendant laquelle trois millions de personnes ont, selon lui, été tuées, beaucoup par des milices favorables au Pakistan dont certains membres auraient été des responsables du Jamaat-e-islami.

Le meurtre de vendredi soir a été le deuxième à Dacca d'un blogueur critique des groupes islamistes en moins d'un mois.

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