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15/02/2013 01:48 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Afrique du Sud: la DA (opposition) vise le pouvoir en 2019 ou 2024

L'Alliance démocratique (DA), principal parti d'opposition en Afrique du Sud, vise 30% des voix aux élections générales de 2014, et pourrait s'emparer du pouvoir en 2019 ou 2024, selon la présidente de son groupe parlementaire, Lindiwe Mazibuko.

"Notre but, c'est 30%" en 2014, a déclaré dans une interview à l'AFP Mme Mazibuko, 32 ans, jeune femme noire dynamique en qui beaucoup voient la future dirigeante du mouvement.

"Je crois que nous aurons entre 25 et 30% si c'est un beau jour et entre 20 et 25% en cas de bataille particulièrement disputée", a-t-elle toutefois concédé.

La DA avait remporté 16,7% aux dernières élections générales de 2009, contre 60,9% au Congrès national africain (ANC), le parti qui domine presque sans partage la scène politique sud-africaine depuis la fin de l'apartheid en 1994.

Aux municipales de 2011, la DA est monté à 24%, contre 62% pour l'ANC.

Malgré de piètres performances économiques --alors que le chômage fait des ravages-- et des scandales à répétition, une victoire de l'ANC ne fait pas de doute tant le parti dominant est encore couronné des lauriers de la lutte anti-apartheid, reconnaît Lindiwe Mazibuko.

"Ils vont gagner les élections, mais ils vont prendre des coups", prévoit la jeune femme. "Cela ne me surprendrait pas si l'ANC faisait dans les 50/60%."

"Il est devenu clair pour nous qu'un grand nombre de Sud-Africains sont tout à fait déçus par (le président) Jacob Zuma et je pense qu'il doit en être de même pour l'ANC", juge-t-elle.

Mais la DA doit aussi fait face à ses propres défis.

Malgré le rôle qu'y joue désormais Lindiwe Mazibuko, le mouvement est souvent considéré comme représentant les Blancs de la classe moyenne et supérieure, qui sont très minoritaires dans ce pays peuplé de Noirs à 80%.

Et sa campagne de conquête dans les quartiers noirs déçus par l'ANC pourrait être contrariée par les ambition de l'ancienne activiste anti-apartheid Mamphela Ramphele, une ex-directrice à la Banque mondiale qui ne cesse de critiquer les errances du pouvoir et devrait entrer en politique lundi.

Même si une coalition de Mme Ramphele avec la DA n'est pas exclue, Lindiwe Mazibuko admet que le paysage politique sud-africain en sera forcément changé.

"C'est très difficile pour moi de faire des prédictions. Si vous m'aviez posé la question il y a six mois, j'aurais dit de façon assez sûre que nous aurions entre 25 et 30% (en 2014), mais je ne sais pas à quoi le paysage électoral va ressembler", constate-t-elle.

La DA, qui contrôle déjà la province du Cap occidental (sud-ouest), dont Le Cap est capitale, vise en 2014 le Gauteng --qui comprend Johannesburg et Pretoria-- et le Cap septentrional (nord-ouest).

Mme Mazibuko estime que l'ANC passera sous la barre des 50% au niveau national en 2019, et que la DA pourrait alors le détrôner en formant une coalition avec d'autres opposants.

"Sinon, en 2024, c'est sûr", conclut-elle.

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