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14/02/2013 12:42 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Zuma appelle à "l'unité" contre le fléau des viols en Afrique du Sud

Le président sud-africain Jacob Zuma a appelé jeudi à "l'unité d'action" pour combattre le fléau des viols en Afrique du Sud, dix jours jours après le récent viol collectif et la mutilation atroce d'une adolescente qui a soulevé une vague d'indignation dans le pays.

"Le viol en réunion et le meurtre brutal d'Anene Booysen et d'autres femmes et jeunes filles ces derniers temps ont mis nettement en évidence le besoin d'une unité d'action pour éradiquer ce fléau", a déclaré M. Zuma, dans son discours au Parlement sur l'état de la Nation.

"La brutalité et la cruauté contre des femmes sans défense est inacceptable et n'a pas sa place dans notre pays", a ajouté M. Zuma, souvent critiqué pour son manque de sensibilité à la cause des femmes, incarné notamment par le projet de renforcer les tribunaux traditionnels au détriment des femmes justiciables vivant en zone rurale.

M. Zuma n'a pas annoncé de nouvelles mesures, mais a apporté un soutien appuyé à ceux qui se battent contre les violences faites aux femmes.

Anene Booysen, 17 ans, avait été retrouvée éventrée sur un chantier de Bredasdorp (sud-ouest) début février, où elle avait laissée pour morte par ses agresseurs qui l'avaient violée. Elle est décédée peu après à l'hôpital. L'un des agresseurs présumés était un ami de la jeune fille, et connu de la famille.

L'affaire a choqué l'Afrique du Sud, où les histoires de violences sexuelles remplissent pourtant quotidiennement les pages des journaux.

Les enfants de 12 à 17 ans sont les principales victimes des viols en Afrique du Sud et selon l'ONG Médecins sans frontières, une femme est violée toutes les 26 secondes, un chiffre que l'on ne trouve habituellement que dans les pays en guerre.

Le problème des viols s'inscrit dans une société à l'esprit encore très patriarcal et machiste, que l'on soit Blanc ou Noir.

M. Zuma apparaît souvent en porte-à-faux sur la question de la défense des femmes en raison de sa polygamie --il a quatre épouses--, une situation décriée au sein même de l'ANC par des responsables féminines de son parti.

clr/de