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14/02/2013 01:47 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Un manifestant tué à Bahreïn dans des affrontements avec la police

Un manifestant a été tué et d'autres ont été blessés jeudi à Bahreïn lors d'affrontements avec la police dans des villages chiites, a indiqué l'opposition au deuxième anniversaire du soulèvement maté dans ce petit pays du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

Des centaines de manifestants sont descendus dans la rue tôt dans plusieurs villages chiites, selon des témoins, pour protester contre le gouvernement et réclamer des réformes politiques.

Les manifestants répondaient à un appel à la grève générale et à la désobéissance civile jeudi, lancé par le Collectif du 14-Février, un groupe clandestin radical qui orchestre la mobilisation via les réseaux sociaux.

Mais l'activité semblait normale à Manama: les commerces étaient ouverts à City Centre, le plus grand centre commercial du pays, ainsi qu'au centre d'affaires de la capitale, selon des habitants et des employés.

Hussein al-Jaziri est mort après avoir été grièvement blessé, notamment à la poitrine, par des tirs à la chevrotine, lors d'affrontements entre forces anti-émeutes et manifestants dans le village de Daih, a annoncé la principale formation de l'opposition chiite, Al-Wefaq.

Le ministère de l'Intérieur a confirmé un décès. "Un blessé, âgé de 16 ans, a été prononcé mort à son admission à l'hôpital Salmaniya" à Manama, a indiqué le ministère, ajoutant que l'affaire avait été confiée au parquet.

Trois photographes travaillant pour des agences de presse internationales, dont l'AFP, ont été brièvement interpellés par la police avant d'être relâchés environ une heure et demi plus tard.

Des dizaines de personnes ont été blessées, "certaines grièvement", ou souffrent de problèmes respiratoires en raison de tirs intenses de gaz lacrymogène dans les quartiers résidentiels", selon le Wefaq.

Les forces anti-émeutes ont tiré aussi à la chevrotine contre les manifestants, qui lançaient des pierres et des cocktails Molotov en direction des policiers, déployés en force autour des villages chiites, ont indiqué des témoins.

"Le peuple veut la chute du régime", "A bas Hamad", le roi de Bahreïn, scandaient les protestataires notamment dans les villages de Sitra, Barbar et Bilad al-Qadim, dont ils ont bloqué les accès avec des pneus en feu, des troncs d'arbres ou des bennes à ordures, selon des habitants.

Des policiers ont été blessés, certains grièvement, a indiqué le chef de la police, Tarek al-Hassan, qui a invité la population à "ne pas se joindre (...) aux activités illégales".

Autour de Sanabes, proche banlieue de Manama, les forces de sécurité ont empêché des dizaines de manifestants de marcher sur la "Place de la Perle", symbole du soulèvement du 14 février 2011, ont indiqué des témoins.

Le Collectif du 14-Février a prévu une marche sur cette place, dont le monument central a été totalement rasé par les autorités peu après la répression en mars 2011 d'un mois de contestation.

L'opposition réclame notamment une monarchie constitutionnelle, un gouvernement issu d'élections et la fin de la discrimination confessionnelle.

Les manifestations ont repris en fin de journée dans certains villages, selon des habitants.

Les nouveaux affrontements ont eu lieu malgré la tenue, mercredi, d'une deuxième séance du dialogue national entre l'opposition et le gouvernement qui, selon les autorités, se poursuivra mercredi.

La contestation s'est soldée par 80 morts selon la Fédération internationale des droits de l'Homme, et plusieurs dirigeants de l'opposition sont emprisonnés.

Amnesty international a réclamé jeudi la libération des opposants incarcérés pour avoir "exercé leur droit à la liberté d'expression".

Une centaine de manifestants ont demandé jeudi à Paris la libération des prisonniers d'opinion à Bahreïn et, selon Amnesty, des rassemblements semblables étaient organisés dans une dizaine d'autres pays.

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