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14/02/2013 08:13 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Un commandant iranien tué en Syrie

L'Iran, un des principaux alliés du régime de Damas, a annoncé jeudi qu'un de ses commandants avait été tué par des rebelles en Syrie, au lendemain d'une journée particulièrement sanglante du conflit en cours depuis bientôt deux ans.

Au moins 247 personnes dont 88 rebelles ont péri dans les violences mercredi, selon l'OSDH qui a précisé que ce bilan est l'un des plus lourds depuis plusieurs mois.

Raids aériens et combats ont encore secoué jeudi la province pétrolière de Hassaka (nord-est) où des combattants jihadistes ont pris le contrôle d'une ville située près de la frontière avec l'Irak, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A Téhéran, les Gardiens de la révolution, corps d'élite des troupes iraniennes, ont annoncé qu'un de leur commandant, Hassan Shateri, avait été tué sur la route de Damas à Beyrouth, pointant du doigt les rebelles syriens.

Selon l'ambassade d'Iran à Beyrouth, Hassan Shateri, aussi appelé Houssam Khoshnevis, a été tué par "des groupes terroristes armés", terme en général utilisé par le régime syrien pour désigner les rebelles.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants à travers le pays, affirme que l'homme a été "tué par balle dans un guet-apens tendu par les rebelles alors qu'il avait quitté Damas et se rendait au Liban", sans préciser l'endroit exact.

L'agence iranienne Fars a rapporté qu'il avait été tué mardi.

Le journal libanais As-Safir affirme que le responsable iranien s'était rendu "en Syrie, spécifiquement à Alep (nord), pour étudier des projets de reconstruction de la ville."

Il présidait la Commission iranienne pour la reconstruction au Liban, crée après la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, puissant mouvement chiite libanais soutenu par Téhéran.

"Ces derniers mois, il était impliqué dans la reconstruction de zones au Liban endommagées par la guerre de 33 jours du régime sioniste", selon le site internet officiel des Gardiens, sepahnews.com.

Le commandant des Gardiens, Mohammad Ali Jafari, avait admis en septembre que des "conseillers" militaires se trouvaient en Syrie, tout en soulignant que cela ne signifiait pas "une présence militaire" de Téhéran.

Téhéran, principal soutien régional de Damas, est accusé d'avoir envoyé armes et personnel pour soutenir son allié syrien face à une contestation qui s'est militarisée au fil des mois, faisant plus de 70.000 morts en près de deux ans selon l'ONU.

Jeudi, les combats ont continué notamment dans la province pétrolière de Hassaka (nord-est) et dans celle de Homs (centre).

Après trois jours d'affrontements féroces, des combattants jihadistes du Front al-Nosra ont pris le contrôle d'al-Chaddadé, une ville proche de la frontière avec l'Irak, rapporte l'OSDH.

Sur le front diplomatique, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a déclaré mercredi vouloir convaincre le président syrien Bachar al-Assad de quitter le pouvoir via une solution négociée avec l'opposition avec l'aide de la Russie, autre alliée du régime.

"Le gouvernement (américain) préfère une solution politique, une solution négociée mais qui ait pour résultat le départ du président Assad", a indiqué M. Kerry, se refusant à donner un "calendrier", parlant enfin de "la finalisation" d'un prochain "voyage" dans la région.

La Russie a annoncé mercredi que le chef de l'opposition, Ahmed Moaz al-Khatib, ainsi que le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, devaient effectuer des visites à Moscou dans les prochaines semaines.

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