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14/02/2013 08:06 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Serge Sarkissian, un défenseur du Karabakh devenu président de l'Arménie

Serge Sarkissian, qui brigue lundi à 59 ans un deuxième mandat de président de l'Arménie, est un natif du Nagorny Karabakh, région séparatiste en Azerbaïdjan qu'il a défendue par les armes avant d'entrer en politique, jusqu'au plus haut poste de l'ex-république soviétique.

C'est à l'âge de 53 ans que M. Sarkissian a été élu à la présidence de ce pays du Caucase du Sud en 2008, à l'issue d'un scrutin controversé et marqué par de sanglants affrontements.

Confronté à une importante contestation de son régime, M. Sarkissian réussit à calmer le jeu, en proposant aux opposants de coopérer avec les autorités et en autorisant à partir de 2011 les manifestations de l'opposition, qui perdent peu à peu leur ampleur.

Il gracie également plusieurs opposants condamnés pour troubles à l'ordre public après de violentes manifestations organisées pour contester sa victoire à la présidentielle en 2008. Les heurts avaient fait 10 morts.

En mai 2012, M. Sarkissian renforce sa position après une victoire écrasante aux législatives en Arménie de son Parti républicain qui obtient 69 sur 131 sièges au Parlement.

Serge Sarkissian est donné grand favori de la course électorale. Il a annoncé sa décision de briguer un deuxième mandat présidentiel en décembre dernier.

"En avant, vers l'Arménie riche!", a lancé M. Sarkissian à ses électeurs, assurant qu'ils pourront voir "de leurs propres yeux" la prospérité promise à ce petit pays enclavé.

Ancien chef des forces séparatistes de sa région natale, il se dit prêt également à combattre à nouveau l'Azerbaïdjan si nécessaire pour défendre la population arménienne du Nagorny Karabakh, tout en soulignant privilégier avant tout les négociations avec Bakou afin de trouver une solution pacifique.

Comme nombre de dirigeants des ex-républiques soviétiques, M. Sarkissian a commencé sa carrière dans les Komsomols, les mouvements de jeunesse de l'URSS.

Né à Stépanakert, "capitale" du Nagorny Karabakh -- alors une enclave à majorité arménienne dans la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan --, il s'engage dès la fin des années 1980 dans la guerre de "libération".

Le Nagorny Karabakh s'est autoproclamé indépendant de l'Azerbaïdjan en 1991, à l'issue d'un conflit armé qui a fait près de 30.000 morts.

Il prend rapidement la tête des forces séparatistes, ce qui lui vaut la réputation de "faucon" dans les relations tendues de l'Arménie avec l'Azerbaïdjan.

C'est pendant la guerre, suspendue par un cessez-le-feu en 1994, que M. Sarkissian devient un proche de Robert Kotcharian, lui aussi un des dirigeants de la lutte armée et futur président arménien, jusqu'à devenir son plus proche allié.

La montée en puissance de M. Sarkissian commence en 1993, lorsque Levon Ter-Petrossian, président à l'époque, le nomme au poste du ministre de la Défense. Ironiquement, M. Ter-Petrossian sera ensuite son adversaire lors de la présidentielle de 2008 et passera à l'opposition après avoir essuyé un échec.

M. Sarkissian poursuivra son ascension vers les plus hauts échelons du pouvoir, en occupant différents postes-clés dans le gouvernement arménien, notamment à l'Intérieur et à la Défense.

En 2000, il prend les rênes du ministère de la Défense puis remplace le Premier ministre Andranik Markarian à sa mort en mars 2007.

Peu après, son ancien allié de la lutte armée Robert Kotcharian, devenu président, désignera M. Sarkissian comme son dauphin, et la population arménienne soutiendra cette décision en votant majoritairement pour lui lors de la présidentielle de 2008.

M. Sarkissian est marié et père de deux enfants.

bur-mp/lpt/lap/bbc