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14/02/2013 01:18 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

"Prisonnier X" tenu au secret en Israël: le précédent Marcus Klingberg

L'affaire du "prisonnier X", un Israélo-Australien détenu plusieurs mois dans le plus grand secret par les autorité israéliennes pour des raisons de sécurité en 2010, a connu un précédent célèbre dans les années 1980: l'affaire Marcus Klingberg.

Avraham Marcus Klingberg, 80 ans, considéré comme l'espion le plus dangereux arrêté par Israël, est remis en liberté le 18 septembre 1998, après avoir purgé 15 ans de prison pour espionnage au profit de l'ex-URSS.

Expert en armes bactériologiques, ce scientifique d'origine polonaise avait été condamné, lors d'un procès secret en 1983, à 20 ans de prison pour avoir livré à Moscou des informations sur ses recherches alors qu'il était chef-adjoint de l'institut biologique gouvernemental de Ness Ziona, près de Tel-Aviv.

Son arrestation quelques mois auparavant lors d'une opération menée par le Shin Beth, le service de sécurité intérieure, puis son jugement sont restés secrets durant une dizaine d'années avant qu'Israël n'autorise la publication de la nouvelle de sa condamnation.

Colonel dans l'Armée Rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, Klingberg avait émigré en Suède avant de s'installer en Israël en 1948. Selon la presse israélienne, il avait fourni pendant plus de 20 ans des informations au KGB, l'ancien service de renseignements soviétique.

Démasqué grâce à un agent double surnommé "Le Samaritain", Klingberg est arrêté en 1983 dans le jardin d'une maison de Tel-Aviv sous les caméras dissimulées du Shin Bet.

Selon la version officielle israélienne, citée par la presse britannique en 1985, le chercheur, qui avait disparu depuis plus de deux ans, était soigné dans un hôpital psychiatrique "quelque part en Europe". Toutefois ses collègues avaient mis en doute cette version.

Lors de la libération de Klingberg, sa fille Sylvia avait fait valoir que son père n'était pas communiste mais était mû par un sentiment de reconnaissance vis-à-vis de l'URSS pour l'avoir accueilli pendant la Seconde Guerre mondiale. Les autres membres de sa famille, qui étaient restés à Varsovie, avaient été exterminés par les nazis.

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