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14/02/2013 03:28 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Premier vote crucial jeudi au Sénat sur la nomination d'Hagel au Pentagone

La Maison Blanche a qualifié d'"impensable" jeudi une obstruction des élus républicains contre le candidat de Barack Obama pour diriger le Pentagone, Chuck Hagel, alors qu'un vote crucial à l'issue incertaine a été avancé à jeudi au Sénat.

Un premier vote de procédure nécessitant une supermajorité de 60 sénateurs sur 100 aura lieu jeudi à 16h15 locales (21h15 GMT), a annoncé le chef de la majorité démocrate, Harry Reid.

Un porte-parole de la Maison Blanche, Joshua Earnest, a prévenu jeudi que Chuck Hagel pourrait ne pas pouvoir participer à une réunion de l'Otan sur le retrait d'Afghanistan, la semaine prochaine à Bruxelles, si les républicains poursuivaient leur stratégie de blocage.

"Nous avons besoin que notre nouveau secrétaire à la Défense soit là", a-t-il déclaré.

C'est la première fois de l'histoire qu'une telle obstruction vise un candidat au poste de secrétaire à la Défense.

De son côté, le candidat ne retirera pas sa candidature, a indiqué son porte-parole au quotidien National Journal. "Il peut être battu, mais il ne se retire pas".

L'actuel secrétaire à la Défense, Leon Panetta, restera en fonction jusqu'à ce que Chuck Hagel soit confirmé, a par ailleurs indiqué à l'AFP son porte-parole George Little dans un courriel.

Plusieurs sénateurs républicains s'opposent vigoureusement à Chuck Hagel, qui a pourtant siégé parmi eux au Sénat, pour ses déclarations passées sur Israël, l'Iran et la guerre en Irak, à laquelle il s'est rapidement opposé.

Certains sous-entendent aussi que Chuck Hagel aurait été payé par des associations opposées à Israël pour des discours et lui demandent de publier des documents supplémentaires sur ses revenus depuis 2008.

Ils exploitent aussi la nomination pour exiger des détails supplémentaires sur la façon dont la Maison Blanche a géré les secours la nuit de l'attentat contre le consulat américain de Benghazi, en Libye, le 11 septembre.

Ces républicains utilisent une procédure parlementaire dite de "filibuster", qui permet de bloquer la nomination de façon illimitée. Seul un vote à la supermajorité de 60 sénateurs sur 100 peut permettre de débloquer le processus de nomination.

Pour passer cet obstacle, les 55 démocrates devront recevoir l'appui d'au moins 5 républicains. S'ils y parviennent, un deuxième scrutin à la majorité simple de 51 voix sera organisé dans les jours suivants, à une date qui n'a pas encore été annoncée.

Pour tenter d'apaiser les républicains, la Maison Blanche a envoyé jeudi à certains d'entre eux, dont John McCain, une lettre indiquant que Barack Obama n'avait pas appelé le président de l'Assemblée nationale libyenne, Mohammed Megaryef, le soir du 11 septembre. Les républicains estiment qu'un appel personnel du président aurait permis de faire pression sur le gouvernement libyen pour qu'il vienne en aide aux Américains assaillis à Benghazi.

La lettre confirme qu'Hillary Clinton a personnellement appelé M. Megaryef le soir-même, mais que Barack Obama ne l'a fait que le lendemain soir.

Cette lettre semblait toutefois avoir déverrouillé l'opposition des républicains, Lindsey Graham et John McCain se déclarant prêts à lever leur obstruction, mais seulement dans une dizaine de jours.

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