NOUVELLES
14/02/2013 06:53 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Le premier ministre tunisien met sa démission dans la balance

Le premier ministre tunisien Hamadi Jabali, qui est également le secrétaire général d'Ennahda, a menacé de démissionner ce samedi si son gouvernement de technocrates est rejeté.

Il a indiqué qu'il rencontrerait vendredi pour la dernière fois les partis politiques, affirmant qu'il refuse tout « marchandage » et qu'il veut « mener cette initiative jusqu'au bout ».

M. Jabali avait annoncé la formation d'un gouvernement, dont le choix de ses membres obéirait au seul critère de la compétence, après l'assassinat le 6 février dernier du leader de gauche Chokri Bélaïd, qui avait plongé le pays dans une profonde crise politique. Il a répété que tous les ministres seront indépendants des partis, et qu'ils s'engageront à ne pas être candidats aux prochaines élections.

Mais cette initiative avait été rejetée par son propre parti, Ennahda, qui a souligné que M. Jabali ne l'avait pas consulté au préalable.

Les islamistes d'Ennahda ont prévu de manifester à Tunis samedi pour défendre leur « légitimité » à diriger la Tunisie. Lors des élections d'octobre 2012, Ennahda est devenu la première force politique du pays avec 89 sièges à l'Assemblée constituante.

C'était le cas également du Congrès pour la République (CPR), le parti du président Moncef Marzouki. Son argument est qu'un gouvernement apolitique conduirait au retour au pouvoir des anciens du régime du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali.

En revanche, le premier ministre a reçu l'appui du puissant syndicat Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), du patronat et de plusieurs partis de l'opposition.

Après plusieurs jours de crise, Ennahda et le CPR ont proposé un compromis selon lequel nouveau gouvernement serait composé de politiques et de technocrates.

Profonde crise

La présente crise politique que vit la Tunisie vient se greffer à une profonde crise économique et sociale qui a été à l'origine d'une multitude de manifestations dans tout le pays contre le chômage et la précarité.

Par ailleurs, l'Assemblée constituante qui devait finaliser la rédaction de la nouvelle constitution en octobre est dans l'impasse puisque les élus n'arrivent pas à trouver un compromis sur la nature du futur régime, présidentiel ou parlementaire.

Première conséquence de cette impasse : l'impossibilité d'organiser des élections.