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14/02/2013 08:11 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

L'Arménie, un petit pays enclavé du Caucase en proie à un blocus économique

L'Arménie qui élit lundi son président, est un petit pays enclavé du Caucase du Sud de quelque 3 millions d'habitants, qui souffre depuis 20 ans d'un blocus économique imposé par ses puissants voisins, l'Azerbaïdjan et la Turquie, en raison d'un conflit territorial.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan, deux ex-républiques soviétiques, se disputent depuis des années le contrôle du Nagorny Karabakh, une région sécessionniste azerbaïdjanaise peuplée majoritairement d'Arméniens.

En dépit d'un cessez-le-feu signé en 1994 à l'issue d'une guerre qui a fait 30.000 morts, Bakou et Erevan n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le statut de cette région, et les accrochages armés entre les forces arméniennes et azerbaïdjanaises se poursuivent.

Pour sa part, la Turquie, allié traditionnel de Bakou, a fermé sa frontière avec l'Arménie en 1993 en soutien à l'Azerbaïdjan, après la prise de contrôle par Erevan de l'enclave du Nagorny Karabakh.

La Turquie et l'Arménie sont par ailleurs divisées sur la question du génocide arménien sous l'empire ottoman (1915-1917) et entretiennent des relations très hostiles.

Dans ce contexte, la Géorgie voisine reste quasiment la seule porte vers le monde pour l'Arménie dont plus de 90% des exportations et des importations transitent par le territoire de ce pays, notamment vers la Russie, un partenaire stratégique d'Erevan.

Transportées souvent en camions à travers les montagnes vers des ports géorgiens, les cargaisons arméniennes restent cependant trop dépendantes des conditions météorologiques, plusieurs routes montagnardes en Géorgie étant fermées en hiver en raison du danger des avalanches.

Face à cette fragilité économique, l'Arménie qui est en plus loin d'être riche en ressources naturelles cherche à diversifier son économie en renforçant les liens avec l'Iran, son voisin du sud.

L'Iran, soupçonné par la communauté internationale de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil et visé par des sanctions occidentales, aspire également à développer ces relations afin de surmonter son isolement.

Erevan et Téhéran ont notamment construit ensemble plusieurs lignes électriques, inauguré un gazoduc destiné à acheminer du gaz iranien en Arménie et lancé la construction d'un barrage hydroélectrique d'une puissance de 130 mégawatts sur l'Araxe, rivière frontalière entre les deux pays.

Par ailleurs, l'Iran et l'Arménie envisagent de construire une liaison ferroviaire et un oléoduc qui doit permettre à l'ancienne république soviétique de diversifier ses approvisionnements en énergie.

Frappée par le blocus économique, l'Arménie cherche également à développer les hautes technologies et le tourisme, même si les résultats de cette campagne restent pour l'heure modestes.

La Banque Mondiale s'est alarmée de l'augmentation de la pauvreté résultant d'une "profonde récession économique" en Arménie ces dernières années, dans un rapport publié en novembre 2012.

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