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14/02/2013 04:15 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Israël: "rien ne laissait penser" que "Monsieur X" allait se suicider (avocat)

Le prisonnier israélo-australien, incarcéré pour des raisons de sécurité en Israël et dont le suicide mystérieux il y a plus de 2 ans vient d'être révélé, ne présentait aucun signe annonçant un tel geste, a indiqué jeudi un avocat l'ayant rencontré la veille de sa mort.

"Quand je l'ai vu, rien le laissait penser qu'il allait se suicider", a indiqué Avigdor Feldman, un avocat spécialiste des droits de l'Homme, interviewé à la radio militaire.

D'après la chaîne de télévision australienne ABC, Ben Zygier, un juif australien de 34 ans, avait été recruté par le Mossad, le service du renseignement extérieur israélien. Il a été retrouvé pendu dans une cellule de la prison Ayalon, près de Ramleh, au sud de Tel-Aviv, en décembre 2010.

M. Feldman a précisé qu'il avait rencontré celui que les médias ont baptisé "Monsieur X", en raison de la censure imposée sur le dossier, pour lui donner des conseils juridiques avant l'ouverture de son procès.

"Sa famille avait demandé que je le rencontre pour le conseiller. Le procès n'avait pas encore commencé mais il y avait des discussions pour tenter de parvenir à un accord avec le procureur", se souvient M. Feldman.

"Je ne suis pas psychologue mais il m'est apparu rationnel, précis, pas émotionnel. Il avait un discours rationnel et il posait des questions légales pertinentes sur lesquelles je ne peux pas donner de détails", ajoute-t-il.

Le black-out total qui avait été imposé sur le dossier a été partiellement levé mercredi lorsque le ministère de la Justice israélien a reconnu dans un communiqué avoir emprisonné "un ressortissant israélien mais qui possédait aussi la nationalité étrangère" et que "pour des raisons de sécurité il avait été incarcéré sous une fausse identité".

L'homme, un avocat de Melbourne, serait arrivé en Israël en 2001 sous le nom de Ben Alon. Il aurait ensuite vécu dans ce pays, épousant une Israélienne avec laquelle il aurait eu deux enfants, avant d'être arrêté et incarcéré "début 2010", a précisé ABC.

En général, pour contourner la censure notamment pour les affaires de renseignements, les opérations militaires ou les assassinats ciblés en dehors du pays, les médias israéliens utilisent les informations publiées à l'étranger. Mais dans ce cas, ce stratagème leur a été interdit jusqu'à mercredi.

dms/sw