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14/02/2013 02:28 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Israël: l'avocat "abasourdi" quand il a appris la mort du "prisonnier X" (AFP)

L'avocat du mystérieux prisonnier israélo-australien incarcéré pour des raisons de sécurité en Israël en 2010 a déclaré jeudi à l'AFP qu'il avait été "abasourdi" lorsqu'il avait appris la mort du détenu après l'avoir rencontré la veille de son décès.

"A aucun moment, durant toute la conversation, je n'ai eu l'impression qu'il s'agissait d'une personne qui était sur le point de se supprimer", a témoigné Avigdor Feldman, un avocat spécialiste des droits de l'Homme, dans un entretien avec l'AFP à Eilat (sud d'Israël).

"Je dois dire que j'ai été abasourdi quand j'ai appris (sa mort)", a-t-il souligné.

"J'ai rencontré (...) un homme émotionnellement stable", a ajouté l'avocat en précisant que le détenu était alors confronté à un choix cornélien entre négocier une peine --soit un certain nombre d'années en prison-- ou bien continuer à se défendre lors d'un procès difficile qui, en cas de culpabilité, aurait pu aboutir aussi à une détention prolongée.

"J'ai trouvé une personne en effet inquiète, à cause des circonstances, mais sûrement pas une personne émotionnellement détruite ou dépressive, pour autant que j'ai pu en juger", a-t-il insisté.

D'après la chaîne de télévision australienne ABC, celui que les médias ont baptisé le "prisonnier X" est un juif australien de 34 ans, Ben Zygier, qui avait été recruté par le Mossad, le service du renseignement extérieur israélien.

Il a été retrouvé pendu dans une cellule de la prison Ayalon, près de Ramleh, au sud de Tel-Aviv, en décembre 2010, une cellule spécialement construite pour Yigal Amir, auteur de l'assassinat du Premier ministre travailliste Yitzhak Rabin en 1995.

Ben Zygier, un avocat de Melbourne, serait arrivé en Israël en 2001 sous le nom de Ben Alon. Il aurait ensuite vécu dans ce pays, épousant une Israélienne avec laquelle il aurait eu deux enfants, avant d'être arrêté et incarcéré début 2010, a précisé ABC.

Pour Me Feldman, le fait qu'il ait été emprisonné dans le plus grand secret et isolé du monde était "une exagération, inutile et mauvaise".

Le black-out total qui avait été imposé sur le dossier a été partiellement levé mercredi lorsque le ministère de la Justice a reconnu dans un communiqué avoir emprisonné "un ressortissant israélien mais qui possédait aussi la nationalité étrangère" et que "pour des raisons de sécurité il avait été incarcéré sous une fausse identité".

En général, pour contourner la censure notamment pour les affaires de renseignements, les opérations militaires ou les assassinats ciblés en dehors du pays, les médias israéliens utilisent les informations publiées à l'étranger. Mais dans ce cas, ce stratagème leur a été interdit jusqu'à mercredi.

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