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14/02/2013 01:00 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

Honduras: les proches des morts de Comayagua réclament justice et compensation

Une centaine de proches des victimes de l'incendie de la ferme-pénitencier hondurienne de Comayagua, qui avait fait 362 morts il y a un an, ont réclamé jeudi des sanctions et les indemnisations promises à l'époque par les autorités.

"Non à l'impunité, pour la vérité, la justice et la réparation!", réclamait une banderole fixée par les manifestants sur une grille d'accès au bâtiment de la présidence, dans la capitale. A côté, avait été posé un cercueil de bois brut symbolisant les 362 morts.

"Nous voulons que les coupables soient punis (...) un an d'impunité a déjà passé", a expliqué à l'AFP Luis Euceda, responsable du Comité des proches des victimes de la prison de Comayagua.

Dans la nuit du 14 février 2012, 362 détenus avaient péri dans l'incendie de cette ferme-pénitencier "modèle", située à 90 km au nord de Tegucigalpa.

Les experts de l'Agence américaine pour le contrôle de l'alcool, le tabac, les armes et les explosifs (ATF) dépêchés sur place avaient conclu une semaine après le drame que l'incendie était d'origine "accidentelle", mais de nombreuses critiques ont visé les responsables de la prison rendus responsable du manque d'entretien de cet établissement surpeuplé.

"Nous ne croyons pas ce rapport. Le ministère public a enregistré les dépositions de 250 (détenus) survivants qui désignent des responsables: le directeur, le commandant de la garde et détenteur des clés" des cellules, a affirmé le président du Comité Geovani Vasquez.

Ce dernier s'est également plaint du fait qu'aucune indemnisation n'avait été versée aux familles contrairement à ce qui avait été promis par les autorités.

"Il y a environ 850 enfants orphelins, et nombre d'entre eux n'ont pas pu aller à l'école faute de moyens", a souligné M. Euceda.

Après la publication du rapport, l'ambassadrice des Etats-Unis au Honduras, Lisa Kubiske, avait elle-même affirmé que ces décès étaient dus à "la négligence" et aux "violations de la loi" commises par les autorités de tutelle.

Le système carcéral hondurien est considéré par les observateurs comme "une bombe à retardement", avec 24 centres pénitentiaires d'une capacité totale de 8.000 places où s'entassent quelque 13.000 détenus, dont 60% sont toujours en attente de jugement.

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