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14/02/2013 01:49 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

General Motors continue de souffrir en Europe, bénéfices annuels en recul

La situation difficile de l'industrie automobile en Europe continue de plomber le géant américain du secteur General Motors (GM), qui a vu ses bénéfices baisser l'an dernier en raison, pour une grande partie, de l'aggravation de ses pertes dans cette région.

Le constructeur, qui vient d'abandonner sa place de numéro un mondial au japonais Toyota, a vu son bénéfice net annuel plonger de 36% à 4,9 milliards de dollars et son bénéfice d'exploitation (Ebit) ajusté reculer de 5% à 7,9 milliards.

Ces baisses sont "plus qu'expliquées par les pertes en Europe", a expliqué jeudi le PDG Dan Akerson, lors d'une conférence avec des analystes.

La division européenne de GM a accusé l'an dernier une perte opérationnelle (Ebit) de 1,8 milliard de dollars, après déjà 747 millions en 2011.

GM, qui avait dit fin octobre s'attendre à perdre entre 1,5 et 1,8 milliard dans la région, a ainsi réalisé sa prévision la plus pessimiste.

L'ampleur de sa perte est toutefois équivalente à celle enregistrée par le concurrent Ford (1,75 milliard). Ce dernier a même prévenu fin janvier qu'elle s'aggraverait encore cette année pour atteindre 2 milliards.

La direction de GM a souligné qu'il y avait eu "une détérioration en Europe, d'un point de vue sectoriel et d'un point de vue économique", entre le troisième et le quatrième trimestre.

Le directeur financier, Dan Ammann, a évoqué le déclin des ventes du secteur, une "petite perte de part de marché", et un taux de change défavorable avec le renforcement de l'euro, qui se sont ajoutés aux efforts du groupe pour réduire ses stocks.

GM a perdu 699 millions de dollars en Europe au quatrième trimestre, contre 562 millions un an plus tôt, et a passé dans ses comptes 5,2 milliards de dépréciations d'actifs dans la région.

"Nous voyons le secteur reculer cette année", a prévenu M. Ammann.

GM s'attend malgré tout à moins de dépréciations et d'amortissements dans la région, un élément qui n'était pas intégré dans ses prévisions jusqu'ici. Les analystes de la banque Barclays estiment que cela pourrait permettre à ses pertes européennes de revenir autour de 1,1 ou 1,2 milliard de dollars.

Le groupe a pour sa part réaffirmé son objectif d'un retour à l'équilibre, en termes de résultat d'exploitation, en 2015.

GM, qui s'efforce de rationnaliser ses capacités de production et de baisser ses coûts, a dit jeudi avoir diminué ses effectifs dans la région "d'environ 2.500" postes l'an dernier. Il avait évoqué fin octobre un objectif de 2.600 réductions, dont 2.300 déjà réalisées.

Le constructeur cherche aussi à se développer sur les marchés émergents comme la Russie, où "nous avons investi 1 milliard de dollars pour étendre nos capacités parce que nous nous attendons à ce que le secteur là-bas dépasse l'Allemagne d'ici 2017", a souligné M. Akerson.

La situation en Amérique du Nord est nettement meilleure qu'en Europe, même si le bénéfice d'exploitation annuel y a baissé de 3%.

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