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14/02/2013 09:12 EST | Actualisé 16/04/2013 05:12 EDT

CPI : la défense demande le report du procès du vice-Premier kenyan

La défense d'un des candidats à l'élection présidentielle kenyane, l'actuel vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta, a demandé jeudi aux juges de la Cour pénale internationale (CPI) de reporter son procès pour crimes contre l'humanité, accusant le bureau du procureur d'avoir omis de transmettre des éléments de preuves.

"Cela ne me donne aucun plaisir de demander un report mais, dans ce cas, la nature (de l'omission, ndlr) est tellement extrême, que je n'ai pas le choix", a assuré devant les juges Steven Kay, l'avocat de M. Kenyatta, au cours d'une audience préparatoire au procès.

La CPI avait décidé l'année passée que le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta, 51 ans, et trois autres Kenyans, dont son partenaire politique William Ruto, feraient face à la justice internationale pour leur responsabilité présumée dans les violences consécutives au résultat contesté de la précédente élection présidentielle, fin 2007.

"Une fois de plus, l'accusation a retenu jusqu'au dernier moment des éléments de preuves", a ajouté Karim Khan, qui représente Francis Muthaura, 65 ans, co-accusé aux côtés de de M. Kenyatta.

Cinq chefs d'accusation constitutifs de crimes contre l'humanité, dont meurtre, viol et persécutions, ont été retenus contre MM. Muthaura et Kenyatta.

"A la veille du procès, ils arrivent avec de nouvelles preuves comme un lapin sort d'un chapeau", a affirmé M. Khan : "nous ne pouvons pas avoir un procès équitable en avril".

Dans une affaire parallèle sont poursuivis le candidat à l'élection présidentielle William Ruto, 46 ans, et le présentateur de radio Joshua Arap Sang, 37 ans, membres du camp du Premier ministre Raila Odinga et du Mouvement démocratique orange (ODM).

Ils doivent eux répondre de trois chefs d'accusation, dont meurtre et persécution.

La Cour avait donc décidé de poursuivre deux membres de chacun des camps qui s'étaient affrontés au cours des violences, les plus graves de l'histoire du Kenya indépendant, qui, selon l'accusation, avaient fait plus de 1.100 morts et avaient entraîné le déplacement de plus de 600.000 personness après la réélection contestée du président Mwai Kibaki, et qui se partagent désormais le pouvoir.

Le procès des quatre Kényans, qui clament leur innocence, doit commencer les 10 et 11 avril prochains à La Haye, siège de la CPI, dans la foulée de l'élection présidentielle kényane.

Les quatre hommes font l'objet de citations à comparaître et se sont présentés libres à plusieurs reprises devant la Cour. Si Francis Muthaura était présent à La Haye jeudi, Uhuru Kenyatta a suivi de Nairobi l'audience par une connexion vidéo sur internet.

A la surprise générale, les deux candidats à l'élection présidentielle, MM. Kenyatta et Ruto, avaient annoncé en décembre former une alliance électorale.

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