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13/02/2013 02:02 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Thomson Reuters supprime 2.500 postes dans sa division financière

Le groupe anglo-canadien d'informations spécialisées Thomson Reuters a annoncé mercredi 2.500 suppressions de postes dans sa division d'écrans financiers, qui constitue la plus grosse part de son activité, afin de diminuer davantage ses coûts et maintenir ses marges.

"Nous allons réduire le nombre de postes chez F&R (Finance et Risque) d'environ 2.500 d'ici la fin de l'année", a indiqué le directeur général du groupe, James Smith, lors d'une conférence organisée avec des analystes pour la publication des résultats annuels.

Thomson Reuters employait au total 60.000 personnes fin 2012, dont 22.500 dans cette division qui chapeaute les services financiers du groupe, notamment ses fameux écrans de marchés où elle est concurrencée entre autres par Bloomberg.

La division représente la moitié du chiffre d'affaires du groupe, qui possède également des activités juridiques, de fiscalité et de comptabilité, ainsi que l'agence de presse Reuters.

Un porte-parole a précisé que le chiffre de 2.500 réductions de postes incluait "plusieurs composantes", y compris des cessions déjà annoncées de certaines parties de la division.

"Par exemple, environ 1.000 postes vont partir avec la vente des services aux entreprises à Nasdaq" OMX, a-t-il souligné.

L'opérateur de Bourse avait annoncé en décembre son intention de racheter ces activités consistant à fournir des outils et des informations en ligne pour les professionnels des relations publiques ou avec les investisseurs.

M. Smith a aussi indiqué que Thomson Reuters prévoyait, dans le cadre de ses réductions d'effectifs, une charge exceptionnelle de 100 millions de dollars au premier trimestre pour des primes de licenciement.

"Ce ne sont pas des décisions faciles, mais notre structure de coûts doit s'adapter aux besoins de nos clients", a-t-il commenté.

Thomson Reuters a dégagé l'année dernière un bénéfice net de 2,1 milliards de dollars américains, contre une perte de 1,4 milliard en 2011 où il avait été plombé par 3 milliards de dollars de dépréciations d'actifs, déjà dans ses activités de services financiers. Il a aussi augmenté ses marges l'an dernier en contrôlant ses coûts. Son chiffre d'affaires global a pour sa part reculé de 4% à 13,3 milliards de dollars.

Dans la division financière, le chiffre d'affaires a diminué de seulement 1% à 7,2 milliards de dollars, mais la rentabilité a baissé: la marge d'exploitation (Ebitda) ajustée est tombée à 25,6% contre 27% l'année précédente, en-dessous des 27,4% affichés par l'ensemble du groupe.

M. Smith a reconnu n'en être qu'à "mi-chemin" du processus de redressement.

"Il y a beaucoup plus de rigueur, de transparence et de discipline dans l'activité financière qu'il y a un an. Cela nous donne une meilleure compréhension de la structure des coûts et des leviers que nous pouvons actionner pour améliorer notre rentabilité", a-t-il dit.

Il a précisé que la réduction des effectifs devrait permettre de "maintenir la marge (opérationnelle) en 2013".

Thomson Reuters vise cette année une croissance de son chiffre d'affaires global "d'un bas pourcentage à un chiffre". Mais les analystes ont jugé décevante la marge Ebitda qu'il dit attendre, entre 26% et 27%.

La banque Barclays a ainsi évoqué une prévision "mitigée", "signifiant qu'un redressement à court terme est peu probable".

A la Bourse de New York, l'action Thomson Reuters perdait 2,51% à 29,88 dollars vers 18H35 GMT.

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