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13/02/2013 11:13 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Syrie: violents combats autour de bases militaires dans la région d'Alep (ONG)

De violents combats ont opposé mercredi l'armée syrienne aux rebelles autour de bases militaires dans la province d'Alep (nord), au lendemain de la prise par la rébellion d'un aéroport militaire.

"Des combats virulents entre soldats et combattants du Front al-Nosra, de Liwa al-Tawhid et des Mouhajirine, se déroulent autour d'une base appelée Brigade 80, dont les rebelles ont quasiment pris le contrôle", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette base est en charge de la sécurité de l'aéroport international d'Alep et de l'aéroport militaire d'Al-Nairab, selon l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins.

Mardi, les rebelles avaient pris le contrôle de l'aéroport militaire d'Al-Jarrah, s'emparant de munitions et d'avions MIG, et lancé des attaques sur d'autres bases aériennes de la région, faisant des dizaines de morts des deux côtés.

Les rebelles concentrent leurs attaques sur les bases aériennes pour tenter notamment de mettre les avions de l'armée hors service et les empêcher de mener des raids. Les bases aériennes renferment en outre des armes et des munitions.

"L'armée résiste à peine à la progression des rebelles dans les bases du nord du pays, alors qu'elle lutte avec férocité à Daraya, près de Damas et à Homs (centre)", estime le directeur de l'OSDH, Rami Abdel-Rahmane. "Le régime sait qu'il doit sécuriser des parties du territoire pour pouvoir négocier" ensuite une transition politique.

Mais la progression des rebelles n'a pas empêché les avions du régime de bombarder les environs de Sfeira, au sud-est d'Alep et Al-Bab au nord-ouest de la ville, selon l'OSDH.

Dans la ville d'Alep, le Centre média d'Alep (anti-régime) a averti contre "un désastre humain", affirmant que l'électricité et l'eau étaient coupées pour la quatrième journée d'affilée dans la grande métropole du Nord.

Plus au sud, des combats ont eu lieu sur deux principales autoroutes à l'est et à l'ouest de la ville de Homs (centre), selon des rebelles.

Les insurgés tentent de "réduire la pression sur la population dans les quartiers (de Homs) encerclés et bombardés" par l'armée depuis près de huit mois, explique à l'AFP le militant Arraba Idriss via Skype.

Dans la région de Damas, l'armée de l'air a mené dix raids sur la localité rebelle de Deir al-Assafir, d'après la Commission générale de la Révolution syrienne, un réseau de militants.

Dans la capitale même, les chars de l'armée ont pilonné le quartier de Jobar (est), tuant au moins 13 civils, selon l'OSDH.

Enfin, Ali Smandar, secrétaire général du "Front arabe des jeunes pour la défense de la Syrie", un mouvement pro-régime dont la création avait été annoncée le 16 février 2012, a été tué mardi avec ses deux fils et un de ses proches dans la province de Damas. "Smandar a été tué par des hommes armés qui lui ont tendu une embuscade près de la ville de Qara", a précisé l'OSDH.

Au moins 190 personnes, dont 79 soldats et 76 rebelles, ont été tuées mardi dans les violences en Syrie, une des journées des plus sanglantes, selon un bilan de l'OSDH. Le conflit a fait environ 70.000 morts en près de deux ans, selon l'ONU.

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