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13/02/2013 02:34 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Stéphane Roy, un ex-dirigeant de SNC-Lavalin, poursuit la firme d'ingénierie

MONTRÉAL - Un ancien dirigeant de SNC-Lavalin qui a travaillé avec l'ex-patron de la division de la construction de la société — et aujourd'hui détenu en Suisse — a lancé une poursuite de près d'un million pour renvoi injustifié et diffamation contre le géant montréalais de l'ingénierie.

Stéphane Roy affirme avoir servi de «bouc émissaire» et avoir été qualifié d'«employé rebelle» lorsqu'il a été congédié il y a un an, même s'il a toujours agi conformément aux ordres de la société.

L'ancien contrôleur réclame 930 000 $ en salaire et bénéfices perdus, incluant 100 000 $ pour dommages moraux et atteinte à sa réputation. Il demande en outre plus de 270 000 $ en actions détenues dans le régime d'actionnariat des dirigeants de SNC.

M. Roy se rapportait directement à Riadh Ben Aissa, qui est détenu en Suisse, où on le soupçonne d'avoir blanchi des millions de dollars et d'avoir versé des pots-de-vin à des fonctionnaires nord-africains. Au Canada, Ben Aissa est accusé, tout comme l'ancien chef de la direction Pierre Duhaime, de fraude en lien avec la construction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) à Montréal.

M. Roy n'a jamais été accusé de quoi que ce soit, mais il a été nommé dans un affidavit de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour avoir joué un rôle dans un plan visant à faire entrer illégalement au Mexique le fils de l'ex-leader libyen Mouammar Kadhafi et sa famille.

Aucune des allégations contre les anciens dirigeants de SNC-Lavalin n'a été prouvée en cour.

Dans la poursuite déposée en cour la semaine dernière, M. Roy affirme avoir toujours agi de bonne foi, selon sa compréhension des meilleurs intérêts de son employeur.

Il fait valoir que SNC avait créé «une culture corporative ou sa pratique courante était de faire tout le nécessaire incluant le paiement de 'commissions' et autres bénéfices pour obtenir des contrats, incluant en Libye».

M. Roy affirme avoir suivi les directions des hauts dirigeants de SNC, ajoutant que la société avait fait de lui un bouc émissaire en prétendant le congédier pour cause.

La porte-parole de SNC-Lavalin, Leslie Quinton, a indiqué que M. Roy avait été congédié en février 2012 «pour des actes qui étaient considérés inacceptables et hors de l'étendue de ses tâches officielles pour la société».

«La société maintient que cette décision était justifiée et nous avons l'intention de nous défendre vigoureusement», a-t-elle indiqué dans un courriel.

L'action de SNC a cédé mercredi 71 cents à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 48,94 $.