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13/02/2013 11:06 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

SNC-Lavalin: une culture de pots-de-vin, selon un ex-cadre

The offices of SNC Lavalin are seen Monday, March 26, 2012 in Montreal. SNC-Lavalin says chief executive officer Pierre Duhaime has resigned amid allegations he overruled top executives in approving questionable payments that breached the company's code of ethics. (AP Photo/The Canadian Press, Ryan Remiorz)
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The offices of SNC Lavalin are seen Monday, March 26, 2012 in Montreal. SNC-Lavalin says chief executive officer Pierre Duhaime has resigned amid allegations he overruled top executives in approving questionable payments that breached the company's code of ethics. (AP Photo/The Canadian Press, Ryan Remiorz)

Un ancien haut responsable du géant canadien de l'ingénierie SNC-Lavalin accuse le groupe d'avoir créé une "culture d'entreprise" supposant le versement de "commissions" pour obtenir des contrats en Libye, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Stéphane Roy, ancien vice-président de la branche construction de SNC-Lavalin, avait été licencié il y a un an dans le sillage de révélations sur son hypothétique implication dans une tentative de faire entrer en fraude, au Mexique, un fils du colonel Kadhafi, Saadi, et plus généralement sur les accointances du groupe avec l'ancien régime libyen.

SNC-Lavalin avait obtenu auprès de Tripoli des contrats totalisant plusieurs milliards de dollars.

M. Roy estime avoir suivi loyalement les instructions de ses supérieurs et réclame maintenant des indemnités de départ et dommages-intérêts atteignant au total plus de 930 000 $, selon une requête déposée auprès d'un tribunal québécois.

Dans ce document, il affirme notamment que SNC-Lavalin entretenait des relations d'affaires avec Tripoli bien avant qu'il occupe le poste de vice-président et soit chargé de s'occuper de projets de construction à travers le monde, y compris en Libye.

Le groupe "avait créé une culture d'entreprise où sa pratique courante était de faire tout le nécessaire incluant le paiement de +commissions+ et autres bénéfices pour obtenir des contrats", précise M. Roy, avant de souligner qu'il avait agi "selon les moeurs et attentes" de l'entreprise.

Interrogé par l'AFP, SNC-Lavalin a déclaré que M. Roy avait été licencié en février 2012 pour "des actions considérées comme inacceptables et sortant du cadre de ses fonctions officielles au sein de la société".

Celle-ci "maintient que cette décision était justifiée et entend se défendre vigoureusement", a indiqué la porte-parole du groupe, Leslie Quinton, dans un courriel.

Le mois dernier, plusieurs médias canadiens ont cité un document de la police fédérale selon lequel SNC-Lavalin aurait versé 160 millions de dollars à Saadi Kadhafi pour obtenir des contrats en Libye sous le règne de son père.

via/sab/sam