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13/02/2013 10:30 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Nucléaire: l'AIEA négocie un accord à Téhéran, l'Iran confirme de nouvelles centrifugeuses

L'agence nucléaire de l'ONU tentait mercredi de conclure à Téhéran un accord afin d'enquêter sur le programme nucléaire controversé de l'Iran, qui a confirmé avoir commencé à moderniser un site d'enrichissement d'uranium.

Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), menés par le Belge Herman Nackaerts, rencontraient les négociateurs iraniens dirigés par le représentant d'Iran à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, pour sa troisième visite en Iran en autant de mois et sa 8e en un an.

Alors que les deux parties discutaient depuis le début de matinée, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie nucléaire (OIEA), Fereydoun Abbassi Davani, a confirmé que son pays avait commencé "il y a un mois" l'installation de centrifugeuses de nouvelle génération sur son site d'enrichissement d'uranium de Natanz (centre).

Selon lui, ces nouvelles centrifugeuses "sont destinées à faire de l'enrichissement à 5%", utilisé pour produire de l'électricité.

L'Iran avait informé fin janvier l'AIEA, chargée de surveiller les activités nucléaires de la République islamique, de cette modernisation qui avait été dénoncée par les grandes puissances et Israël.

A Téhéran, l'agence onusienne cherche à avoir un accès plus large à des sites, individus ou documents pouvant éclaircir les points soulevés dans son rapport de 2011 sur des éléments, présentés comme crédibles, selon lesquels l'Iran avait oeuvré à la mise au point de la bombe atomique avant 2003 et peut-être après.

L'Iran a rejeté ce rapport, et nie toutes les accusations de l'Occident et d'Israël qui le soupçonnent de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous le couvert d'un programme nucléaire civil. Téhéran souhaite surtout que l'accord signé avec l'agence de l'ONU respecte ses "droits nucléaires" à l'enrichissement.

L'AIEA demande notamment de visiter la base militaire de Parchin, où des activités suspectes ont été décelées selon elle, et soupçonne Téhéran de bloquer l'accès au site afin d'effacer toute trace compromettante.

Mais Fereydoun Abbassi Davani a écarté tout accès à Parchin tant que l'AIEA n'aura pas fourni à l'Iran les éléments sur lesquels l'agence base ses soupçons. De plus, cette base militaire n'entre pas dans le cadre des enquêtes des inspecteurs de l'ONU, selon Téhéran.

Toute décision concernant Parchin est du ressort du Conseil suprême de la sécurité nationale, a souligné le député Alaeddine Boroujerdi, cité par l'agence Isna. Ce Conseil est présidé par Saïd Jalili, le représentant du guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei, qui mène d'autres négociations avec les grandes puissances sur le dossier nucléaire.

Faute d'avancée, l'Iran s'expose au risque d'une résolution lors de la réunion début mars du conseil des gouverneurs de l'AIEA, demandant la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les négociations avec l'AIEA auront aussi un impact sur la reprise des discussions avec le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) prévue le 26 février à Almaty au Kazakhstan, après huit mois de suspension.

Les grandes puissances veulent notamment que l'Iran cesse l'enrichissement d'uranium à 20% qui, poussé à un niveau de pureté de 90%, peut être utilisé pour la fabrication de la bombe atomique.

L'Iran exige pour sa part un allègement des sanctions internationales avant toute réduction éventuelle de son activité d'enrichissement, une demande rejetée par les 5+1.

L'ONU a imposé à Téhéran quatre séries de sanctions, auxquelles se sont ajoutées fin 2011 des mesures américaines et européennes visant les exportations de pétrole, qui ont provoqué une grave crise économique. En 2012, ces sanctions ont amputé de 40 milliards de dollars les revenus d'exportation pétroliers de l'Iran, selon l'Agence internationale de l'énergie.

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