POLITIQUE
13/02/2013 01:21 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Premier épisode agressif dans la course au leadership des libéraux fédéraux

CP

OTTAWA - La course au leadership du Parti libéral du Canada (PLC) a connu un premier épisode bruyant mercredi matin.

Marc Garneau a tenu un point de presse pour s'attaquer, avec passion, au favori de la course, Justin Trudeau. Il lui a reproché de ne pas donner de détails sur sa vision ou son plan pour le parti.

«Ça m'inquiète quand il me dit, quand il dit aux libéraux et aux Canadiens que ce n'est pas nécessaire vraiment d'avancer sa plateforme parce que c'est quelque chose qu'il va faire après les élections. Je trouve que c'est inacceptable», s'est-il plaint.

Disant faire cette sortie «pour le bien du parti», M. Garneau a admis qu'il s'en prenait à M. Trudeau parce qu'il était en tête. Il a dit craindre que la course ne se transforme en couronnement. «On ne veut pas commettre la même erreur que la dernière fois», a-t-il plaidé.

Puis, semblant oublier que Stéphane Dion avait remporté la chefferie à la surprise générale en 2006, M. Garneau a parlé de trois couronnements.

«Les trois derniers chefs qu'on a eus dans notre parti, quand ils ont été élus chefs, ils étaient tous à la tête, dans les sondages. Mais ça n'a pas marché», a-t-il voulu rappeler.

«Il faut définir où on se place pour que ceux qui vont nous faire confiance sachent où on s'en va», a-t-il ajouté.

Selon lui, ce sont les couronnements qui ont permis aux adversaires des libéraux de définir les chefs et de les peindre de manière négative puisque ces chefs ne s'étaient pas définis avec précision avant d'arriver à la tête du parti. Et cette situation serait la cause des défaites électorales qui ont suivi.

Justin Trudeau a préféré ne pas relever le gant tout de suite et a quitté Ottawa, après la réunion du caucus libéral, sans réagir à la sortie de son adversaire.

Plus tard, à un arrêt de campagne à Kingston, il s'est défendu.

«Je suis très fier de la campagne que je mène», a-t-il assuré.

«Une partie de cette campagne vise à (...) raviver la relation entre les Canadiens et la politique en général, pas seulement le Parti libéral», a-t-il dit.

«Nous devons nous assurer de laisser de la place aux Canadiens pour qu'ils participent au développement des solutions qui nous mèneront à une meilleure place en 2015», a-t-il ajouté.

Dans sa riposte, aucune attaque directe contre son adversaire Garneau.

Bob Rae, le leader par intérim du parti qui se choisit un nouveau chef à la mi-avril, a eu, lui, une réaction très prudente à ce premier coup d'éclat dans la campagne du PLC.

«Je pense que la politique c'est plus comme le hockey que comme le ballet. C'est tout», a ironisé M. Rae.

Mais jusqu'à mercredi matin, la course libérale fédérale était restée très polie. Même les débats officiels entre les neuf candidats n'ont donné lieu à aucune étincelle. Le prochain débat a lieu samedi, à Mississauga.