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13/02/2013 10:25 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

L'ex-cycliste Jesus Manzano témoigne qu'on le dopait comme un animal

MADRID - L'un des plaignants qui témoigne au cours du procès découlant de l'Opération Puerto a décrit à la cour, lors d'un contre-interrogatoire, un programme complexe de dopage qui sévissait dans le cyclisme.

L'ancien coureur professionnel Jesus Manzano a fourni les détails d'un éventail étonnant de techniques de dopage visant à améliorer la performance. Il a déclaré à la juge Julia Santamaria que deux des substances qu'on lui a administrées avaient été développées pour être utilisées chez les animaux.

«L'Actovegin et l'Oxiglobin sont pour les animaux, a affirmé Manzano. Nous avions l'habitude de blaguer dans l'équipe que certains jours on jappait et d'autres jours, on beuglait.»

Il a témoigné que sous la supervision de Eufemiano Fuentes, le médecin au centre de l'affaire Puerto, on lui a administré de l'EPO ainsi que des agents masquants.

Yorck Olaf Schumacher, un expert médical indépendant embauché par l'Agence mondiale antidopage, a lui aussi été interrogé et il a déclaré que plusieurs des techniques préconisées par Fuentes comportaient un certain niveau de risque.

Schumacher a affirmé que le dopage sanguin tel que pratiqué par Fuentes pouvait mener «à une baisse de tension artérielle, à la fatigue et à des étourdissements», et que ces techniques étaient «normalement utilisées seulement dans les chirurgies prévues à l'avance».

Il a déclaré que certaines des extractions de sang effectuées par Fuentes représentaient jusqu'à 20 pour cent du volume total du sang dans le corps, une quantité qui en affecte le fonctionnement normal, a-t-il fait valoir.

«J'ai reçu de l'EPO en 2000, 2001 et 2003 d'Eufemiano», a de son côté ajouté Manzano lors de son témoignage, en précisant que Fuentes et sa soeur avaient l'habitude de fournir aux coureurs «de la poudre blanche» qui avait pour but de masquer les substances dopantes.

«La poudre blanche était insérée dans le pénis afin que l'urine se détériore, a-t-il dit. De cette façon, nous n'avions pas de tests positifs à l'EPO.»

Pour échapper aux contrôles de l'UCI, les coureurs faisaient par ailleurs l'objet de transfusions de solution saline et d'albumine humaine afin de réduire leur taux d'hématocrite, a expliqué Manzano.

«Ils injectaient un litre», a-t-il affirmé.

L'ancien coureur de l'équipe Kelme a également dit qu'on lui a administré une substance appelée HMG, qui a pour but de masquer la présence de testostérone et d'épitestostérone.