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13/02/2013 10:50 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Les manifestantes de plus en plus agressées en Égypte

Les Égyptiennes sont de plus en plus en colère alors qu'elles doivent composer avec une conséquence inattendue du printemps arabe: la multiplication des cas d'agressions sexuelles et l'incapacité des autorités à mettre fin à ce fléau.

Leur révolte est alimentée par les commentaires des islamistes, qui ont laissé entendre que les femmes allaient au devant des attaques en participant à des manifestations antigouvernementales mixtes.

Cette dénonciation des agressions contre les femmes survient alors que le pays traverse une période trouble. Même si la dernière vague de protestations contre le président Mohammed Morsi s'est calmée durant les derniers jours, les manifestations ont gagné en violence. Une minorité de contestataires a promis de renverser le gouvernement et la répression a été sanglante. Environ 70 personnes ont été tuées dans des affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre depuis le 25 janvier, deuxième anniversaire du soulèvement populaire ayant causé la chute de l'ancien président Hosni Moubarak.

Déjà-vu

Le harcèlement n'est pas un problème nouveau au sein de la très patriarcale société égyptienne et les attaques contre les manifestantes ont eu lieu sous la présidence de M. Morsi, qui a été élu démocratiquement, comme sous la direction du conseil militaire qui l'a précédé à la tête du pays et sous le règne de Moubarak, qui a dirigé l'Égypte pendant près de 30 ans.

Ce qui est nouveau, c'est la nature de plus en plus sexuelle des assauts. Les agressions sexuelles contre les femmes durant les rassemblements ont augmenté et sont devenues de plus en plus violentes au cours de la dernière année, atteignant un point culminant lors du second anniversaire du soulèvement.

Ce jour-là, les militants ont rapporté plus d'une vingtaine d'attaques contre des manifestantes sur la place Tahrir et dans ses environs, dont le viol d'une jeune femme de 19 ans. Les Nations Unies ont répondu à cette nouvelle en exhortant le gouvernement égyptien à prendre les mesures nécessaires. Selon les militantes, les agressions sont organisées par des opposants aux contestataires qui veulent rendre les manifestations moins représentatives en obligeant les femmes à se retirer. Jusqu'à présent, aucun groupe précis n'a été accusé. 

Lundi, des membres du comité de défense des droits humains de l'Assemblée législative égyptienne, largement dominée par les islamistes, ont critiqué les femmes qui manifestent aux côtés des hommes dans des endroits jugés comme non sécuritaires. Demandant l'adoption d'une nouvelle loi pour encadrer les manifestations et faciliter le travail des policiers, l'un d'eux a déclaré que les femmes ne devraient pas prendre part aux rassemblements.

« Parfois, la fille violée est pleinement responsable de ce qui lui est arrivé parce que c'est elle qui s'est mise dans cette situation », a affirmé le parlementaire Adel Afify, dont les propos ont été relayés par plusieurs journaux égyptiens.


Associated Press