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13/02/2013 04:50 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

L'AIEA de retour en Iran pour négocier un accord sur le nucléaire

L'agence nucléaire de l'ONU tentait mercredi de conclure à Téhéran un accord lui permettant d'enquêter sur une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien controversé, à deux semaines de la reprise du dialogue entre l'Iran et les grandes puissances.

Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), menés par le Belge Herman Nackaerts, rencontraient les négociateurs iraniens dirigés par le représentant d'Iran à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, pour leur troisième visite en Iran en autant de mois et leur 8e en un an.

Leur mission survient au lendemain d'un appel du président américain Barack Obama à l'Iran lui demandant d'"admettre qu'il est temps" de trouver une solution diplomatique à la crise qui perdure, tout en répétant que Washington ferait "tout ce qui est nécessaire pour l'empêcher d'avoir une arme nucléaire".

L'AIEA cherche à avoir un accès plus large à des sites, individus ou documents pouvant éclaircir les points soulevés dans son rapport de 2011 sur des éléments, présentés comme crédibles, selon lesquels l'Iran avait oeuvré à la mise au point de la bombe atomique avant 2003 et peut-être après.

L'Iran a rejeté ce rapport, et nie toutes les accusations de l'Occident et d'Israël qui le soupçonnent de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous le couvert d'un programme nucléaire civil.

"Les différends demeurent, et cette fois aussi nous allons (...) travailler dur pour essayer" de conclure un accord, a déclaré M. Nackaerts avant son départ pour Téhéran.

L'AIEA demande notamment de visiter le site de Parchin, près de Téhéran, où l'Iran pourrait avoir procédé à des tests d'explosions susceptibles d'être utilisés pour déclencher une bombe atomique. Elle soupçonne Téhéran de bloquer l'accès au site afin d'effacer toute trace compromettante.

Mais le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Fereydoun Abbassi Davani, a écarté mercredi tout accès à Parchin tant que l'AIEA n'aura pas fourni à l'Iran les éléments sur lesquels l'agence base ses soupçons.

"A l'heure actuelle, une visite de Parchin ou d'un autre site n'est pas à l'ordre du jour", a-t-il dit. Selon Téhéran, cette base militaire n'entre pas dans le cadre des enquêtes des inspecteurs de l'ONU.

"Nous discutons et j'espère que nous allons arriver à un accord cadre logique" qui respecterait les "droits nucléaires" de l'Iran, a-t-il affirmé, saluant une "attitude plus rationnelle" de l'AIEA.

Faute d'avancée, l'Iran s'expose au risque d'une résolution lors de la réunion début mars du conseil des gouverneurs de l'AIEA, demandant la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les négociations avec l'AIEA auront aussi un impact sur la réunion avec le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) le 26 février à Almaty au Kazakhstan, après huit mois de suspension.

Les précédentes négociations n'avaient pas enregistré de progrès tant les positions entre les deux parties divergent.

Les grandes puissances veulent notamment que l'Iran cesse l'enrichissement d'uranium à 20% qui, poussé à un niveau de pureté de 90%, peut être utilisé pour la fabrication de la bombe atomique.

L'Iran exige pour sa part un allègement des sanctions internationales avant toute réduction éventuelle de son activité d'enrichissement d'uranium, une demande rejetée par les 5+1.

L'ONU a imposé à Téhéran quatre séries de sanctions, auxquelles se sont ajoutées fin 2011 des sanctions américaines et européennes visant les exportations de pétrole, qui ont provoqué une grave crise économique.

En 2012, ces sanctions ont amputé de 40 milliards de dollars les revenus d'exportation pétroliers de l'Iran, dont la production est tombée à 2,65 millions de barils par jour en janvier, un plus bas "depuis trois décennies", selon l'Agence internationale de l'énergie.

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