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13/02/2013 10:10 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

La lutte contre les faux médicaments passe par davantage de réglementation (rapport)

La lutte contre le problème grandissant des faux médicaments requiert un renforcement des réglementations de la distribution pharmaceutique aux Etats-Unis et une coopération internationale accrue, conclut mercredi un rapport de l'Institut américain de médecine (IOM).

Aucun pays ne peut à lui seul se protéger contre les risques pour la santé publique représentés par les médicaments illégaux, souvent moins chers, estiment les experts indépendants auteurs du rapport.

"Des médicaments falsifiés ou de mauvaise qualité sont une menace grave pour la santé publique car ils sont inefficaces et peuvent provoquer des maladies et des décès, particulièrement dans les pays en développement où ils envahissent régulièrement le marché", souligne Lawrence Gostin, professeur de droit de la santé à l'Université Georgetown à Washington, président de ce groupe de 12 experts.

"Etant donnée la nature internationale de la production et du commerce des médicaments, chaque pays a un intérêt et un rôle à jouer pour s'assurer de la haute qualité de ces produits et de la sûreté de leur distribution", note M. Gostin.

Aux Etats-Unis, par exemple, des malades ont été traités avec des faux anti-cancéreux Avastin en 2011 et en 2012. L'Avastin est produit par le laboratoire suisse Roche.

Ces expert lancent un appel à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour promouvoir la collaboration des autorités de réglementation des différents pays, des firmes pharmaceutiques, des distributeurs et de la société civile.

L'OMS devrait mener l'élaboration d'un code des pratiques comprenant des règles de surveillance, de réglementation et de répression, estime le rapport.

Aux Etats-Unis, ces experts, sollicités par l'Agence américaine des médicaments (Food and Drug Administration), recommandent d'établir un système pour traquer le cheminement des médicaments, de la production à la distribution, ainsi qu'un renforcement des réglementations régissant les grossistes des produits pharmaceutiques, le maillon faible.

Le rapport recommande que le Congrès autorise la FDA à établir un numéro unique d'identification des médicaments, évitant l'introduction à certains stades de faux produits.

La mise en place d'un tel système a été retardée en raison de l'insuffisance du budget de la FDA.

Actuellement, la distribution des médicaments aux Etats-Unis est régie par chaque Etat dont les réglementations sont d'une efficacité inégale.

La directrice générale de la FDA, le Dr Margaret Hamburg, s'est félicité des recommandations du rapport "très complet" de l'Institut américain de Médecine. Elle rappelle que la FDA met déjà en oeuvre certaines des recommandations de l'Institut de Médecine, comme "un renforcement de la surveillance au niveau international, un dialogue avec les autres pays et entités internationales aini que l'élaboration de normes scientifiques."

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