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13/02/2013 02:43 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

Israël: la censure lève partiellement le black-out sur un mystérieux détenu

La censure israélienne a autorisé mercredi les médias locaux à citer pour la première fois les informations de la chaîne de télévision australienne ABC sur un Australien lié au Mossad qui s'est pendu après avoir été détenu au secret en Israël.

Les médias ont ainsi pu rapporter que ABC a révélé mardi qu'un Australien s'appellant Ben Zygier, recruté par le Mossad, les services de renseignements israéliens, s'était pendu dans sa cellule de prison près de Tel-Aviv en décembre 2010.

Ce "Monsieur X" serait arrivé en Israël sous le nom de Ben Alon. Il aurait ensuite vécu une dizaine d'années en Israël avant son arrestation.

La censure avait imposé un black-out total interdisant aux médias israéliens de citer ABC. Après la levée de cette mesure, les médias n'ont toutefois pas été autorisés à donner des détails autres que ceux révélés par ABC.

Ce silence imposé avait été brisé par trois députés d'opposition, qui profitant de leur immunité parlementaire, ont posé mardi au Parlement des questions orales sur cette affaire au ministre de la Justice Yaakov Neeman.

"Ce prisonnier a été détenu sous un nom qui n'est pas le sien. Etes-vous au courant ? Confirmez-vous le fait que ce ressortissant australien s'est suicidé en prison sous un faux nom sans qu'il soit révélé qu'il était détenu en Israël ?" a demandé le député arabe israélien Ahmed Tibi.

La dirigeante du parti Meretz (gauche) Zehava Galon a, elle, demandé au ministre s'il considérait "normal que le bureau du Premier ministre (Benjamin Netanyahu) invite les dirigeants des principaux médias à éviter la publication d'une information susceptible d'embarrasser Israël".

M. Neeman a rétorqué que "les prisons sont sous la juridiction du ministère de la Sécurité intérieure", tout en soulignant que "tout cela mérite examen".

Le ministre de la Sécurité Intérieure, Yitzhak Aharonovitch, devait répondre à des questions orales sur cette affaire mercredi après-midi au Parlement.

L'ex-ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a pour sa part dénoncé à la radio les députés ayant évoqué cette affaire.

"Une fois de plus certains parlementaires n'hésitent à se solidariser avec l'ennemi et profitent de leur immunité parlementaire pour violer la censure", a-t-il dit tout en affirmant "ne rien savoir" sur le fond de cette affaire.

En Australie, le chef de la diplomatie Bob Carr a ordonné un examen de l'affaire. Il a affirmé qu'il n'hésiterait pas à demander des explications à Israël "sur ce qui s'est passé" tout en précisant que ses services n'avaient pas été contactés par la famille de Ben Zygier et qu'il n'y avait eu "aucune demande d'asssistance consulaire durant la période de sa détention présumée".

Pour les commentateurs israéliens, les pratiques de la censure à l'heure d'internet et des réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter sont complètement dépassées. "Nous ne sommes plus à l'époque où la censure pouvait imposer un silence total", a souligné un présentateur de la radio publique.

En juin 2010, le site d'information israélien Ynet avait indiqué qu'un certain "Monsieur X" était emprisonné dans le plus grand secret près de Tel-Aviv. Il avait indiqué à l'époque que personne n'avait été mis au courant des charges pesant sur le détenu.

jlr/tp