NOUVELLES
13/02/2013 04:06 EST | Actualisé 14/04/2013 05:12 EDT

HRW appelle à libérer un militant saoudien condamné à 15 ans de prison

Human Rights Watch (HRW) a appelé mercredi les autorités saoudiennes à libérer cheikh Souleiman al-Rachoudi, fondateur de l'Association saoudienne des droits civiques et politiques, qui purge une peine de 15 ans de prison pour "manque d'allégeance au roi".

Cheikh Rachoudi, un ancien juge de 76 ans, a été incarcéré en décembre 2012 après avoir donné une conférence sur la légalité des manifestations selon la charia islamique, précise HRW dans un communiqué.

Il avait été arrêté en 2007 avec 15 autres personnes pour tentative d'établir à Jeddah (ouest) une organisation de défense de droits de l'Homme, avant d'être libéré sous caution en avril 2011, a précisé l'ONG. En novembre 2011, il a été condamné à 15 ans de prison pour "manque d'allégeance au roi" et "coopération avec des organisations étrangères".

"En décidant d'appliquer cette peine cruelle et absurde contre Rachoudi après sa conférence (...), les autorités semblent dire qu'aucune personne indépendante peut s'exprimer sur la charia", a déploré Sarah Leah Whitson, responsable de HRW pour le Moyen-Orient.

"Le fait de chercher pacifiquement à établir une organisation de défense des droits de l'Homme et d'appeler à des réformes n'est pas un crime et ne doit jamais être traité comme tel", ajoute-t-elle.

Cheikh Rachoudi a, selon sa famille, tenté en vain de se pourvoir en appel, et sa fille, Bahiya, a été brièvement arrêtée dimanche après avoir participé à une manifestation pour appeler à la libération de détenus politiques, dont son père, selon HRW.

Quatre autres membres du groupe ont été condamnés à la prison: Saoud al-Hachimi, un enseignant, purge une peine de 30 ans, Moussa al-Qarni et Abdelrahman al-Siddiq 20 ans chacun et Abdelrahman al-Chimmairi, 10 ans, ajoute-t-elle.

Les 11 autres membres du groupe ont été condamnés en 2010 à des peines de prison allant jusqu'à 25 ans, mais ont été libérés sous caution après avoir accepté de signer un document les engageant à ne plus s'impliquer dans des activités jugées illégales par les autorités, selon HRW.

"Le gouvernement doit (...) libérer Rachoudi et les autres réformateurs de Jeddah", dit Mme Whitson, en parlant de "jugements politisés".

bur/tm/tp