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13/02/2013 04:01 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Chypre rejette l'audit privé anti-blanchiment demandé par l'Eurogroupe

Chypre a rejeté mercredi la proposition de l'Eurogroupe de mandater une entreprise privée pour mener un audit sur le respect des règles anti-blanchiment par Nicosie, qui a demandé un plan de sauvetage en juin dernier.

"Le gouvernement n'accepte pas ce procédé d'investigation par une entreprise privée sur la question du blanchiment d'argent", a affirmé le porte-parole du gouvernement, Stefanos Stefanou. "Nous avons clarifié cette position avec des arguments que nous avons présenté par écrit à l'Eurogroupe".

Lundi, les ministres des Finances de la zone euro réunis à Bruxelles ont renvoyé la décision sur l'aide à Chypre après l'élection présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche.

En attendant, une évaluation de la mise en oeuvre de la législation récemment adoptée par Nicosie pour lutter contre le blanchiment "devra être menée par une entreprise privée", et ses conclusions sont attendues pour mars, a annoncé le nouveau chef de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

Selon M. Stefanou, Chypre est l'otage de "certains milieux" de l'Union européenne, qui veulent voir l'île céder à la pression sur cette question.

Cela, a-t-il dit, en dépit du fait que Chypre est prête à autoriser des organisations internationales, comme le comité MONEYVAL du Conseil de l'Europe ou le Fonds monétaire international, à évaluer l'état de ses institutions financières.

Le porte-parole a dénoncé un acte de "mauvaise foi" et de "malveillance" à l'égard de Chypre. Il a également souligné que le recours à une entreprise privée contreviendrait aux lignes directrices de l'Europe.

"Cette démarche aux dépens de Chypre est inacceptable; elle invalide le principe de solidarité qui devrait guider l'Europe", a-t-il estimé.

Des responsables de la République de Chypre estiment que l'Allemagne, en pleine campagne électorale, et des pays envieux du rôle de plate-forme financière de l'île, entravent les efforts destinés à sceller un plan de sauvetage européen pour éviter sa faillite.

Le ministre chypriote des Finances Vassos Shiarly a réclamé mardi la même solidarité européenne pour son pays que celle qui a été témoignée à la Grèce, et a dénoncé comme "injustes" les accusations de blanchiment qui pèsent sur le secteur financier chypriote.

Chypre estime avoir besoin de quelque 17 milliards (mds) d'euros, dont 10 mds pour renflouer ses banques, très exposées à la dette grecque.

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