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13/02/2013 11:04 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

"Beaucoup de pression" pour trier le courrier des accusés du 11-Septembre (témoin)

"Il y avait beaucoup de pression" pour le contrôle et le tri du courrier des accusés du 11-Septembre à Guantanamo, a témoigné mercredi un ancien officier de la prison chargé de cette tâche, lors d'une audience préliminaire.

Les cinq accusés du 11-Septembre ont boycotté les débats au troisième jour de cette audience destinée à préparer leur procès pour le meurtre de près de 3.000 personnes en 2001 et retransmise sur une base militaire à Fort Meade (Maryland, est).

Le lieutenant Alexander Homme, assigné au tri du courrier des détenus de "grande valeur" de Guantanamo de juillet à décembre 2011, était appelé à témoigner alors que les avocats s'inquiètent de la confidentialité de leurs relations avec leur clients.

Cheryl Bormann, avocat du Yéménite Wallid Ben Attach, s'est attachée à lister tous les documents qui avaient été retirés du courrier de son client ou interdits lors de ses rencontres avec lui.

"Je me souviens avoir rejeté un nombre important de documents", a admis Alexander Homme, par vidéo-conférence avec le tribunal de Guantanamo. "Tout ce qui n'était pas produit par l'avocat était mis dans la pile (de documents) à rejeter", a-t-il dit. Mais "je n'ai jamais lu le contenu de quoi que ce soit que j'ai contrôlé", a-t-il précisé.

Dans son travail de surveillance du courrier, l'officier a admis qu'"il y avait beaucoup de pression" et a confirmé ce qu'il avait écrit dans un article d'août 2012: la pression émanait "de plusieurs directions: les avocats, les commandants de Guantanamo et l'influence politique".

Il a reconnu qu'il s'agissait de la police fédérale (FBI), du département d'Etat "et de plus". Mais il ne "se rappelle pas avoir jamais eu à traiter directement avec des représentants d'agences du renseignement".

Pressé par l'avocate, Alexander Homme a reconnu que les accusés s'étaient plaints auprès de lui que le courrier mettait des mois à leur parvenir et que certaines lettres leur arrivaient incomplètes.

Les accusés encourent la peine de mort devant un tribunal militaire d'exception de Guantanamo lorsque le procès s'ouvrira au plus tôt dans un an.

chv/are