POLITIQUE
13/02/2013 05:28 EST | Actualisé 15/04/2013 05:12 EDT

Absentéisme au Sénat: la révision des règles a été reportée à plus tard

CP

OTTAWA - La révision des règles sur l'absentéisme au Sénat canadien n'a toujours rien donné de concret bien qu'il y ait à peine six mois, les conservateurs aient promis d'agir pour contrer ce problème.

En juillet dernier, La Presse Canadienne révélait que le plus jeune des sénateurs, le conservateur Patrick Brazeau, avait affiché le pire taux d'absentéisme parmi tous les membres de la Chambre haute, tant lors des réunions des comités sénatoriaux que lors des débats.

Le comité permanent sur la régie interne, les budgets et l'administration avait alors été mandaté pour se pencher sur la question de l'absentéisme par la leader conservatrice au Sénat, Marjory LeBreton.

Une porte-parole du Sénat explique que les membres du comité ont jusqu'ici consacré beaucoup de temps à l'examen des règles, des politiques, des archives et de la couverture des médias sur le sujet. Cependant, aucun rapport n'a encore été produit et aucune date butoir n'a été fixée.

Le président du comité, le sénateur conservateur David Tkachuk, de la Saskatchewan, a aussi laissé entendre que la révision des règles sur l'absentéisme n'était pas une priorité.

«J'ai d'autres choses en tête. C'est le cadet de mes soucis», a déclaré M. Tkachuk la semaine dernière.

Le Sénat a voté mardi pour suspendre M. Brazeau, après qu'il eut été accusé, la semaine dernière, de voies de fait et d'agression sexuelle à Gatineau.

Le sénateur libéral Roméo Dallaire a depuis dépassé M. Brazeau quant au taux d'absentéisme, ayant épuisé l'ensemble des 21 jours principalement prévus en cas de maladie chez des proches, de funérailles et de fêtes religieuses.

Les événements publics tenus à l'extérieur de la Chambre haute et les congés de maladie personnels n'entament pas cette réserve de trois semaines. Le Sénat a siégé pendant 132 jours entre juin 2011 et décembre 2012.

M. Dallaire a dit s'attendre à ce que 250 $ soient retirés de sa prochaine paie parce qu'il a passé son 22e jour d'absence aux Nations unies, pour donner des conseils sur la façon dont les troupes devraient gérer les cas d'enfants soldats qu'elles rencontrent au Mali.

L'ancien militaire a passé les autres journées à effectuer des recherches sur les enfants soldats à l'Université Dalhousie, à Halifax, à prononcer des discours et à voyager en Afrique. Il a d'ailleurs précisé faire attention de ne pas qualifier le tout de travail accompli pour le Sénat.

M. Brazeau et le sénateur libéral Serge Joyal ont tous deux épuisé 19 de leurs 21 jours de congé. Pour le sénateur conservateur, il s'agit d'absences liées à des questions personnelles. M. Joyal, lui, dit avoir suivi des conférences en France avec l'Institut des Amériques, en plus de travailler sur un livre concernant la réforme du Sénat et la Constitution.

L'an dernier, Mme LeBreton a clairement fait savoir qu'elle voulait plus de sérieux dans les motifs donnés pour les absences. Actuellement, les sénateurs n'ont pas à justifier leurs absences aux séances.